‹ Œuvre choisi de CanovaChapitre 30 sur 33 · MARS ET VÉNUS · texte numérisé non relu

MARS ET VÉNUS

Ainsi groupées, ces deux belles figures d’un genre si divers laissent peutêtre mieux que dans aucun autre de ses ouvrages apprécier le talent de Canova, On sent tout le mérite d’un tel artiste, en comparant les formes mâles et soutenues de .Mars, et les lignes voluptueuses, les suaves contours de Vénus. Ces statues peuvent aussi représenter la Guerre et la Paix. Il résulte de leur contraste un ensemble plein d’harmonie* elles se prêtent l’une à l’autre un charme infini.

Mars est dans la fleur de sa jeunesse et dans toute la virilité de sa force. Vénus est dans cet âge heureux dont on ne pense point à s’informer. Le dieu voudrait s’élancer où son destin l’appelle; déjà son pied droit est en mouvement; d tient d’une main la lance homicide, et le terrible casque brille déjà sur son front. Mais la divinité qui préside à la paix l'enchaîne de ses bras et le retient par ses caresses. Vénus appuie la partie supérieure de son corps sur le cœur de son amant, sa main droite repose sur son épaule, et son bras droit, formant un arc gracieux, va s’attacher à son cou. Mars, dans la majesté nue de son sexe , laisse admirer de larges pectoraux, un dos athlétique, des cuisses vigoureusement attachées, et des jambes nerveuses soutiennent l’édifice de ce beau corps.

Vénus considère le dieu , avec cette tendresse qui commande le retour ; mais son regard insidieux calcule en même temps, dans les regards qui lui répond ait, les progrès de sa victoire. Sa jambe droite est croisée avec beaucoup de naturel sur la jambe gauche; son pied charmant pose a peine sur la terre par l’extrémité des doigts. La déesse tomberait peut-etre si le héros ne la soutenait; mais il la soutiendra; on le voit, on le sent; il est à demi vaincu; et Vénus pacificatrice jouit déjà de son triomphe. Le glaive et le bouclier sont à ses pieds ; bientôt le casque et la lance y seront déposés.

Les vers de Lucrèce ont peut-être inspiré ce marbre. Rubens a traite le même sujet; mais, lorsqu’on a rendu justice à l’éclatante couleur de son

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