‹ Œuvre choisi de CanovaChapitre 31 sur 33 · WASHINGTON · texte numérisé non relu

WASHINGTON

De tous nos guerriers modernes, Washington est celui dont les actions et le caractère ont le plus de ressemblance avec les héros de 1 antiquité. C’est sans doute cette analogie de rapports qui a décidé le sculpteur a présenter à nos yeux le libérateur du Nouveau-Monde sous la tunique et le manteau romain. Il a voulu lui donner le double caractère de général et de législateur. Il Ta couvert d’une riche cuirasse; et les tables de la loi reposent dans ses mains. Le vainqueur est assis avec une simplicité grave et noble , sur un siège que soutiennent les quatre pieds d’un lion; la dignité de sa pose s’allie avec l’expression d’une méditation profonde , et la ressemblance du modèle est frappante pour les Américains. La tunique, d’un tissu léger, couvre une partie des genoux : la cuirasse laisse deviner les muscles et les formes du torse, à travers son élasticité. Un immense pallium attache sur l’épaule par une agrafe d’or, enveloppe le héros et son siège, se croise sur la poitrine , et descend à larges plis jusqu’à terre.

Les pieds de Washington reposent sur une épée et un sceptre : l’épee, dans son fourreau, indique que la guerre est terminée; le sceptre dépose, que la liberté conquise n’exigera plus de dictateur. La jambe gauche repliée sur elle-même, s’élève pour supporter la table de bronze ou Washington a déjà commencé d’écrire : Georges Washington au peuple des États-Unis. 1796. Amis et concitoyens — La main droite tient le style comme suspendu ; et cette intention marque avec beaucoup d éloquence, quel soin prend le législateur de méditer profondément les lois qui doivent assurer le bonheur de ses égaux. La sérénité de la conscience repose sur la figure du héros. Il commande le respect et 1 amour. On sent que l’artiste a étudié tout le caractère de son modèle, pour donner ainsi à l’ensemble de la personne , l’effet moral que produit l’histoire de sa vie.

Ce marbre de Canova est placé dans le sénat de la Caroline. Quel homme a mieux mérité une statue de la reconnaissance des peuples , que ce héros de York-Town, ce défenseur de Philadelphie, ce capitaine qui ne désespéra jamais de sa république naissante et de cette liberté que ses soldats étaient dignes de conquérir? Le congrès américain lui avait déjà élevé un bronze oii la reconnaissance publique est consacrée. Un elfet, n’est-ce pas lui qui avait accepté le commandement sans le demander; lui qui priait qu’on le remplaçât dès qu’il se présenterait un citoyen plus propre à gouverner l’état; et en 1781 , la guerre terminée, lui enfin qu’on vit, après avoir remercié l’armée de ses services, et le congrès de sa confiance, rentrer sous les paisibles ombrages de sa maison de Mont- Vcrnon, au fond de la Virginie?

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Audot

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Ant-Canova sc • Publié par Audot. W Gravé par K e veïl .

S il pouvait manquer quelque chose à la gloire de ce grand homme, le complément de son éloge ne se trouverait-il pas dans les dernières paroles de l’illustre Francklin, son compatriote? « Je lègue, dit-il, à « mon ami, à l’ami du genre humain, au général Washington , le bâton « de pommier sauvage , sur lequel j’avais coutume de m’appuyer dans <c mes promenades; si c’était un sceptre, il lui conviendrait également. »

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