L'AMOUR ET PSYCHÉ
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Cet éternel sujet de peinture, cîe sculpture, de poésie, et quelquefois même de métaphysique, a retrouvé des grâces nouvelles sous le ciseau de Canova. Cette union de l’aine et du corps est gracieusement exprimée par des formes matérielles. Il est difficile de croire que les Grecs même, les inventeurs de cette fable allégorique, eussent mieux rendu leur propre pensée.
Les deux figures sont debout. Psyché , dont la taille est plus élevée que celle de son jeune amant, tient de sa main droite le papillon symbolique, et le pose sur la main gauche de l’Amour. Leurs deux autres mains sont heureusement disposées, l’une sur l’épaule de la jeune fille dans l’expression caressante d’un abandon naïf, et l’autre soutient encore ce poids si léger de l’aine humaine, à qui la mythologie d’Hésiode a donné des ailes.
La tête de l’Amour est voluptueusement inclinée sur l’épaule de Psyché. 11 est nu, et la jeune fille, dont le torse est aussi sans vêtement, n’a de voilé que la partie inférieure, vivement accusée sous les plis d’un tissu transparent.
L’expression des deux têtes est habilement contrastée. La naïve Psyché a l’étonnement et la joie de son innocence : l’Amour a le sourire de la malice et du triomphe; et tout son corps est néanmoins dans une pose pleine de mollesse. Nous croyons l’ensemble de cette statue plus satisfaisant encore que la figure de Psyché. Celle-ci a dans l’arrangement de sa coiffure plus de recherche que de goût; les cheveux de l’Amour sont traités avec une grande finesse; l’effet de leur masse est plus agréable et d’un style plus approprié au sujet.
Deux chefs-d’œuvre des arts français ont popularisé parmi nous celte fable ingénieuse. I/un est le poème inachevé de Lebrun, un des morceaux les plus remarquables de la langue, par la simplicité et la hardiesse des tours, par les formes homériques et la grâce infinie de mille tableaux variés.
Le second est cette peinture de M. Gérard, ou la pureté du dessin est si supérieure, et la finesse des détails aussi digne d’éloges que la pensée première. On peut dire que le génie et le talent sont unis dans sa composition , comme Famé et le corps dans la création poétique des Grecs.
Le groupe de l’Amour et Psyché orne le château de Compiègne.
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