Diffame^ mëpris
S. Henri III et son frère François.
ières les uns plus que les autres^ et^ pour ce^ durer ilus longuement en leur beauté et gloire; aussi y a-il les corps de dames si bien complexionnez et com- K>sez, et empraints en beautez^ qu'on void voloniers le temps n'y gaigner tant comme sur d'autres ^ ly les miner aucunement.
U se lit^ qu'Artaxercez, entre toutes ses femmes p'il eut^ celle qu'il ayma le plus fut Âstazia, qui esoit fort aagée, et toutesfois très-belle ^ qui avoit esté )utain de son feu frère Daire. Son fils en devint À fort amoureux^ tant elle estoit belle nonobstant i'aage, qu'il la demanda à son père en partage, aussi bien que la part du royaume. Le père, par jalousie qu'il en eut^ et qu'il participast avec luy de ce bon boucon, la fit prestresse du Soleil^ d'autant qu'en Perse celles qui ont tel estât se vouent du tout à la chasteté.
Nous lisons dans V Histoire de Naples ' que Ladislaus, fongre et roy de Naples, assiégea dans Tarente la duh^sse Marie, femme de feu Rammondelo de Balzo^ ^9 après plusieurs assauts et faits d'armes, la prit par imposition avec ses enfans, et l'espousa, bien qu'elle [ostaagée, mais très-belle, et l'ammena avec soy à Tapies; et fut appellée la reine Marie, fort aymée de Itty et chérie.
1. Voyez Flutarque [Jrtaxercès Mnémon, chap. xxxix). La /emme denundée par Iterius à son père, qui la fit prêtresse, non pas da Soleil , mais de Diane , s'appelait Aspasia (Plutarque en donne la raison, Périclès, chap. xlvii). Dans Boccace, Decasibas illusiriwn virorum (lîv. III, chap. xtx), d'où Brantôme a tiré cette histoire, elle est nommée Astazia.
f. Voyez Collenuccio, lib. VI.
J'ay veu madame la duchesse de Valentinois^ en Taage de soixante-dix ans^ aussi belle de face, aussi fraische et aussi aymable comme en l'aage de trente ans : aussi fut-elle fort aymée et servie d*un des grands rois et valeureux du monde. Je le peux dire franchement^ sans faire tort à la beauté de cette dame; car toute dame aymée d'un grand roy^ c*est signe que perfection abonde et habite en elle qui la fait aymer : aussi la beauté donnée des cieux ne doit estre espai^née aux demy-dieux.
Je vis cette dame^ six mois avatit qu'elle mourust*, si belle encor, que je ne scache cœur de rocher qui ne s'en fust esmeu^ encore qu'auparavant eUe s'estoit rompue une jambe sur le pavé d'Orléans, allant et se tenant à cheval aussi dextrement et dispostemait' comme elle avoit &it jamais ; mais le cheval tomba et glissa sous elle; et, pour telle rupture et maux et douleurs qu*elle endura, il eust semblé que sa belle face s'en fust changée ; mais rien moins que cela, car sa beauté, sa grâce, sa majesté, sa belle apparence, estoyent toutes pareilles qu'elle avoit tousjonrs en. Et surtout elle avoit une très-grande blancheur, et sans se farder aucunement; mais on dit bien que tous les matins elle usoit de quelques bouillons composez d'or potable et autres drogues, que je ne sçay pas conune les bons médecins et subtils apoticaires. Je croy que si cette dame eust encor vescu cent ans, qu'elle n'eust jamais vieilly, fust du visage, tant il estoit bien composé , fust du corps, caché et cou-