‹ Œuvre complètes (volume 2)Chapitre 105 sur 217 · Dispostemenfy agilement · texte numérisé non relu

Dispostemenfy agilement

DES DAMES. 3r>7

vert, tant il estoit de bonne trempe et l>elle habitacle. C'est dommage que la terre couvre ces beaux corps !

J'ay veu madame la marquise de Rothelin *, mère à madame la douairière princesse de Condé et de feu M. de Longueville, nullement offencée en sii beauté^ ny du temps ny de Taage, et s'y entretenir en aussi belle fleur qu'en la première^ fors que le visage luy rougissoit un peu sur la fin; mais pourtant ses beaux yeux qui estoyent des nompareils du monde ^ dont madame sa fille en a hérité^ ne changèrent oncques , et aussi prests à blesser que jamais.

J'ay veu madame de La Bourdesière'^ despuis en secondes nopces mareschale d'Aumont, aussi belle sur ses vieux jours que Ton eust dit qu'elle estoit en ses plus jeunes ans; si bien que ses cinq filles, qui ont esté des belles, ne Teffaçoient en rien. Et volontiers^ si le choix fust esté à faire^ eust-on laissé les filles pour prendre la mère ; et si avoit eu plusieurs enfans. Aussi étoit-ce la dame qui se contreg^œdoit le mieux ^ car elle estoit ennemie mortelle du serain et de la lune^ et les fuyoit le plus qu'elle pouvoit; le fard commun^ pratiqué de plusieurs dames^ luy estoit incogneii.

I« Jacqueline de Rohan, femme (1536) de François d'Orléans, marquis de Rothelin, qui en eut: Léonor, duc de Longueville, mort en août 1573, et Françoise d'Orléans, femme de Louis I*', prince de Gondé, morte le 1i juin 1601.

2. Françoise Robertet, fenune d'abord de Jean Babou, seigneur de la Bourdaisière , puis de Jean d'Aumont. maréchal de France.

J'ay veu^ qui est bien plus, madame de Mareuil'^ mère de madame la marquise de Mézières et grandmère de la Princesse-Dauphin , en Taage de cent ans^ auquel elle mourut^ aussi droite^ aussi (raische, aussi disposte ^ saine et belle qu'en Taage de cinquante ans : ç'avoit este une très-belle fenmie en sa jeune saison.

Sa fille, madame ladite marquise^ avoit esté telle, et mourut ainsi^ mais non si aagée de vingt ans, et la taille luy appétissa* un peu. Elle estoit tante de madame de Bourdeille *^ femme à mon fi:*ère aisné, qui luy portoît pareille vertu; car, encor qu'elle eust passé cinquante-trois ans et ait eu quatorze enfims, on diroit, comme ceux qui la voyent sont de meifleur jugement que moy et l'asseurent , que ces quatre filles qu'elle a auprès d'elle se monstrent ses sœurs ; aussi void-on souvent plusieurs fruicts d'hyv», et de la dernière saison, se parangonner à ceux d'estëi et se garder, et estre aussi beaux et savoureux, voire plus.

Madame ladmiralle de Brion, et sa fille, madame de Barbezieux^, ont esté aussi très-belles en vi^lesse.

1. Catherine de Germont, femme de Gui de Mareoii. Sa fflkt Gabrielle de Mareuil, ëpousa Nicolas d'Anjou, marquis de Mëzières, et fut mère de Renëe d'Anjou, marquise de Mézières, qui épousa (1556) François de Bourbon, duc de Montpenàer, dit le Prince-Dauphin.

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