Jacquette de Montberon
4. Françoise de Longwy, femme (1526) de Philippe Chabot, seigneur de Brion, et mère de Françoise mariée à Charles de La Rochefoucauld, baron de Barbezieux.
DES DAMES. 3rJ9
L'on me dit dernièrement que la belle Paule, de Thoulouze', tant renommée de jadis, est aussi belle que jamais^ bien qu'elle ait quatre-vingts ans ; et n'y trouve-on rien changé , ny en sa haute taille ny en son beau visage.
J'ay veu madame la présidente Conte, de Bourdeaux, tout de mesme et en pareil aage, et trèsaimable et désirable : aussi avoit-elle beaucoup de perfections. J'en nommerois tant d'autres, mais je n'en pourrois faire la fin.
Un jeune cavallier espagnol parlant d'amour à une dame aagée^ mais pourtant encor belle, elle luy respondit : A mis complétas desta mariera me habla y\ M.? a Comment à mes complies me parlez-vous V ainsi? » Voulant signifier par les complies son aage et déclin de son beau jour, et l'approche de sa nuict. Jje cavallier luy respondit : Sus complétas mien mas, y son mas graciosas que las horas de prima de quai-quier otra dama, a Vos complies vallent plus, et sont c plus belles et gracieuses que les heures de prime a de quelque autre dame qui soit. i> Cette allusion est gentille *.
Un autre parlant de mesme d'amour à une dame aagée, et l'autre luy remonstrant sa beauté flestrie, qui pourtant ne Testoit trop, il luy respondit : A las çlsperas se conoce la fiesta : « A vespres la feste se a connoist. »
1. Paille ^guier, baronne de Fontenille, née en i 51 8 à Toulouse, où elle mourut en 1610. Sa beauté a ëté célébrée par G. de Hfînut, dans son livre intitulé : De la Beauté^ 15K7, in-8^, rare.
2. Celte anecdote a déjà été racontée dans les Eotlomontades,
On void encore aujourd'iiuy madame de Nemours, jadis en son avril la beauté du monde , faire affront au temps ^ encor qu'il efface tout. Je la puis dire telle, et ceux qui l'ont veue avec moy, que c'a este la plus belle femme, en ses jours verdoyans, de k cbrestienté. Je la vis un jour danser, comme j'ay dit ailleurs, avec la reine d'Ëscosse, elles deux toutes seules ensemble et sans autres dames de compagnie, et ce par caprice, que tous ceux et celles qui les advisoient danser ne sceurent juger qui Temportoit en beauté; et eût-on dit, ce dit quelqu'un, que c'estoyent les deux soleils assemblez qu'on lit dans Pline ^ avoir apparu autresfois pour faire esbahir le monde. Madame de Nemours, pour lors madame de Guise, monstroit la taille plus riche; et s'il m'est loisible ainsi le dire sans offenser la reine d*£scosse, elle avoit la majesté plus grave et apparente, encor qu'die ne fust reine comme l'autre; mais elle estoit petite-fille de ce grand roy père du peuple*, auquel elle ressembloit en beaucoup de traits de visage, comme je l'ay veu pourtrait dans le cabinet de la reine de Navarfe, qui monstroit bien en tout quel roy il estoiL Je pense avoir esté le premier qui lay appellée du nom de petite-fille du roy père du peuple; et ce bX à Lion quand le roy tourna de Poulongne*; et bien souvent Ty appellois-je : aussi me faisoit^Ue cet honneur de le trouver bon, et Taymer de moy. EDc estoit certes vraye petite-fille de ce grand roy, et surtout en bonté et beauté; car elle a esté très-bonne;