Retourner^ remmener
4. Don Perafan di Ribera, duc d'Alcala, fit son entrée à Njiples
belle salve qui dura longtemps; et la mesme luy fut i^adue de la ville et des chasteaux, qu'on eust dit gue le ciel tonnoit estrangement durant cette salve. Et tenant ses gallères en bataille et en joly, et assez loirk ^ il envoya dans un esquif M. de TEstrange, de Languedoc, fort habille et honneste gentilhomme^ qui parloit fort bien ^ vers le vice-roy, pour ne luy doEnner l'allarme, et luy demander permission (encore que nous fussions en bonne paix, mais pourtant noix^ ne venions que de frais de la guerre) d'entrer dai^^ le port, pour voir la ville et visiter les sépulcb^^^s de ses prédécesseurs qui estoyent là enterrez , et l^ur jetter de Teau béniste et prier Dieu sur euK«
L-e vice-roy l'accorda très-librement. M. le grand çri^iar donc s'avança et recommença la salve aussi \)e\le et furieuse que devant, tant des canons de courcie des seize gallères que des auti:es pièces et tfarquebusades, tellement que tout estoit en feu; et pu^ entra dans le môle fort superbement, avec plus d'eslendarts, de banderoUes, de flambans de taffetas cramoisy, et la sienne de damas, et tous les forçats vestus de velours cramoisy, et les soldats de sa garde de mesme , avec mandilles couvertes de passement dWgent, desquels estoit capitaine le capitaine Geoffroy, Provençal, brave et vaillant capitaine, et bien* que Ton trouva nos gallères françoises très-belles, /estes et bien espalverades et surtout la Reallcy à
comme ^ice-roi le 12 juin 1559. Voyes Tobia Âlraagiore, RaccoUa di varie noiiiie historiche, Napoli, 1675, in-4% p. 94. i . Et bien, ai bien.
laquelle n'y avoit rien à redire ; car ce prince estoit en tout très*magnifique et libéral.
Estant donc entré dans le môle en un si bel arroy'^ il prit terre et tous nous autres avec luy, où le viceroy avoit commandé de tenir prests des chevaux et des coches pour nous recueillir et conduire en la ville ; comme de vray nous y trouvasmes cent chevaux^ coiu^siers, genêts, chevaux d'Espagne, barbes et autres, les uns plus beaux que les autres, avec des housses de velours toutes en broderie^ les unes d'or et les autres d'argent. Qui vouloit monter à cheval montoit^ qui en coche montoit, car il y en avoit une vingtaine des plus belles et riches et des mieux attelées, et traisnées par des coursiers les plus beaux qu'on eust sceu voir. Là se trouvèrent aussi forée grands princes et seigneurs, tant du Règne qu'Espagnols^ qui receurent M. le grand prieur^ de la part du vice-roy, très-honnorablement. Il monta suruix 1 cheval d'Espagne^ le plus beau que j'aye veu il y a. longtemps, que depuis le vice-roy luy donna; ets^ manioit très-bien^ et faisoit de très-belles courbettes^ ainsi qu'on parloit de ce temps. Luy, qui estoit ui^très-bon homme de cheval, et aussi bon que de mer^ il le fit très-beau voir là-dessus : et il le faisoit trèsbien valloir et aller, et de fort bonne grâce, car il estoit l'un des beaux princes qui fust de ce temps là et des plus agréables, des plus accomplis, et de fort haute et belle taille et bien dénouée; ce qui n'advient guières à ces grands hommes. Ainsi il fut conduit par tous ces seigneurs et tant d'autres gentilshommes