‹ Œuvre complètes (volume 2)Chapitre 109 sur 217 · I. Jrroy^ ordre · texte numérisé non relu

I. Jrroy^ ordre

chez le vice-roy, lequel latlendoit^ et luy fit tous les honneurs du monde, et logea en son palais, et le festoya fort sumptueusement^ et luy et sa troupe : il le pouvoit bien faire^ car il luy gaigna vingt mille escus à oe Toyage. Nous pouvions bien estre avec luy deux cens gentilshommes, que capitaines des gallères et autres ; nous fumes logez chez la pluspart des grands seigneurs de la ville^ et très-magnifiquement.

Dès le matin, sortans de nos chambres^ nous rencontrions des estaffiers si bien créez qui se venoyent présenter aussitost et demander ce que nous voulions faire et où voulions aller et pourmener. Et si voulions chevaux ou coches, soudain, aussitost notre volonté dite aussitost accomplie. Et alloyent quérir les montures que voulions, si belles, si riches et si superbes, qu'un roy s'en fust contenté ; et puis accom- ^eacions et accomplissions nostre journée ainsi qu'il P^isoit à chacun. Enfin nous n'estions guières gastez d'avoir faute de plaisirs et délices en cette ville : ne ^iit dire qu'il n'y en eust, car je n'ay jamais veu ™e qui en fust plus remplie en toute sorte; il n'y Banque que la familière, libre et franche conversalion d'avec les dames d'honneur et réputation, car d'autres il y en a assez. A quoy pour ce coup sceut ir^^bien remédier madame la marquise del Gouast^ pour l'amour de laquelle ce discours se fait, car toute courtoise et plène de toute honnesteté, et pour la grandeur de sa maison, ayant ouy renommer M. le grand prieur des perfections qui estoyent en luy, et J'ayant veu passer par la ville à cheval et recogneu, comme de grand à grand cela est deu communément, elle, qui estoit toute grande en tout, l'envoya visiter

un jour par un gentilhomme fort honneste c créé^ et luy manda que^ si son sexe et la coutt païs luy eussen permis de le visiter^ volonti y fiist venue fort librement pour luy offrir sj sance *, comme avoyent fait tous les grands sei du royaume ; mais le pria de prendre ses exci gré^ en luy offrant et ses maisons^ et ses cha et sa puissance.

M. le grand prieur^ qui estoit la mesme cou la remercia fort, comme il devoit; et luy quUl luy iroit baiser les mains incontinent ap ner; à quoy il ne fallit avec sa suitte de tou autres qui estions avec luy. Nous trouvasmes i quise dans sa salle avec ses deux filles, donn< nine, et Tautre donc Hiéronime ou done (je ne sçaurois bien le dire, car il ne m'en Si plus) *, avec force belles dames et damoiselle bien en point et de si belle et bonne grâce horsmis nos cours de France et d'Espagne, tiers ailleurs n'ay-je point veu plus belle troi dames.

Madame la marquise salua à la françoise et M. le grand prieur avec un très-grand honn luy en fit de mesmes, encor plus humble, c gran sosiego \ comme dit l'Espagnol. Leur furent pour ce coup de propos communs.

i . Sa puissance^ ce qui était ea son pouvoir.

2. Des deux filles de la marquise del Gouast, latiiëe, fut mariée à Alphonse de Guevara, comte de Poteu seconde, Antoinette, épousa Horace de Lannoi, princi mone.

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