‹ Œuvre complètes (volume 2)Chapitre 111 sur 217 · I. Qui^ le gentilhomme. •— 2. Coquin^ mendiant · texte numérisé non relu

I. Qui^ le gentilhomme. •— 2. Coquin^ mendiant

374 DES DABffiS.

Tallois voir tous les jours pour * sept ou huict jours que nous y demeurasmes^ et y estois très-bien venu, et sa ehambre in*estoit tousjours ouverte sans difficulté.

Quand je luy dis à Dieu, elle me donna des lettres de faveur à son fils M. le marquis de Pescayre*, général pour lors en l'armée espagnole : outre ce, eDe me fit promettre qu'au retour je passerois pour la revoir, et de ne prendre autre logis que le sien.

Le malheur fiit tant pour moy, que les gaUères cpii nous tournèrent ne nous ^mirent à terre qu'à Temcine, d'où nous allasmes à Rome, et ne peus tourner en arrière; et aussi que je m'en voulois aller à la guerre de Hongrie; mais, estans à Venise, nous sceusmes la mort du grand sultan Soliman*. Ce fut là où je maudis cent fois mon malheur que ne fusse retourné aussi bien à Naples , où j'eusse bien passé mon temps. Et possible, par le moyen de madite dame la marquise j'y eusse rencontré une bonne fortune, fust par mariage ou autrement ; car elle me faisoit ce bien de m'aymer.

Je croy que ma malheureuse destinée ne le voulut, et me voulut encore ramener en France pour y estre à jamais malheureux, et où jamais la bonne fortune ne m'a monstre bon visage , sinon par apparence et beau semblant d'estre estimé gallant homme de bien et d'honneur prou, mais de moyens et de grades

i. Pour^ pendant.

2. François-Ferdinand d'Avalos, marquis de Pescaire, vice-roî de Sicile, mort en 1571.

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