Soliman II mourut le 30 août
DBS DAMES. 375
point comme aucuns de mes compagnons, voire d^autres plus bas^ lesquels j'ay veu qu'ils se fussent estimez heureux que j'eusse parlé à eux dans une cour^ dans une chambre de roy ou de reine^ ou une salle^ encore à costé ou sur l'espaule, qu'aujourd'huy je les vois advancez comme potirons et fort aggrandis, bien [que] je n'aye afiaire d'eux et ne les tienne plus grands que moy ny que je leur voulusse déférer en rien de la longueur d'une ongle.
Or bien^ pour moy en cela je peux bien pratiquer le proverbe que notre rédempteur Jésus-Christ a profféré de sa propre bouche que : ce nul prophète en son « pais. T» Possible y si j'eusse servy des princes estrangers aussi bien que les miens^ et cherché l'adventure parmy eux comme j'ay fait parmy les nostres^ je serois maintenant plus chaîné de biens et dignitez que ne suis d'années et de douleurs. Patience; si ma Parque m'a ainsi filé^ je la maudis; s'il tient à mes princes^ je les donne à tous les diables, s'ilz n'y sont.
Yoilà mon conte achevé de cette honnorable dame; elfe est morte en une très-grande réputation d'avoir esté une très-belle et honneste dame^ et d'avoir laissé après elle une belle et généreuse lignée^ comme M. le marquis son aisné, don Juan y don Carlos, don Cesare d'Avalos, que j'ay tous veus et desquels j'en ay parlé ailleurs; les filles de mesme ont ensuivy les frèrës. Or, je fais fin a mon principal discours.
DISCOURS
SUR es QUE