Liv. IX, ch. m
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par un messager que, s'il la vouloil prendre en m^airiage , qu'elle luy rendroit la place dez le jour qu^e les nopees seraient célébrées. Le roy Caucan la pr^it au mot. Le jour donc compromis venu, elle s'babiLM^ pompeusement de ses plus beaux et superbes habl^^ de duchesse, qui k rendirent d'autant plus belle, cstr elle Testoit très-fort; et estant venue au camp da roy consommer le mariage, [le roy], afin qu'on ne le past blasmer qu'il n*eust tenu sa foy, se mit toute la nuict à contenter la duchesse eschauffée. Puis Fendemain au matin , estant levé, fit appeller douze soldats avarois des siens, qu'il estimoit les plus forts et roides compaignons, et mit Romilde entre leurs mains pour en faire leur plaisir l'un après l'autre; laquelle repassèrent toute une nuict tant qu'ils purent : et, le jour venu, Caucan, l'ayant fait appeller, luy ayant fiait force reproches de sa lubricité et dit force injuress, la fit empaler par sa nature , dont elle en mouri^l' Acte cruel et barbare certes, de traitter ainsi une si belle et honneste dame , au lieu de la reconnoislr^y la récompenser et traitter en toute sorte de cotirtoisie, pour la bonne opinion qu'elle avoit eu de ^ générosité , de sa valeur et de son noble courage , ^ l'avoir pour cela aymé I A quoy quelquesfois te dames doivent bien regarder; car il y a de ces vaillants qui ont tant accoustumé à tuer, à manier et à battre le fer si rudement, que quelquesfois il leur prend des humeurs d'en faire de mesme sur les dames. Mais tous ne sont pas de ces complexions; car , quand quelques honnestes dames leur font cet honneur de les aymer et avoir en bonne opinion de leur valeur, laissent dans le camp leurs furies et leurs
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;es^ et dans les cours et dans les chambres s'acmmodent aux douceurs et à toutes honnestetez et urtoisies.
Bandel y dans ses Histoires tragiques S en raconte le^ qui est la plus belle que j'aye jamais leu, d'une ichesse de Savoye j laquelle un jour^ en sortant de ville de Thurin , et ayant ouy une pellerine esgnole, qui alloit à Lorette pour certain vœu, s' ester et admirer sa beauté , et dire tout haut que , si le si belle et parfaitte dame estoit mariée avec son îre le seigneur de Mendozze, qui estoit si beau, si ave, si vaillant, qu'il se pourroit bien dire partout le les deux plus beaux pairs du monde estoyent dupiez ensemble, la duchesse, qui entendoit trèsen la langue espagnole , ayant en soy très-bien enavez et remarquez ces mots dans son âme, s'y mit Lssi à engraver l'amour; si bien que par un tel *uit elle devint tant passionnée du seigneur de Men- >zze , qu'elle ne cessa jamais , jusques à ce qu'elle ist projette un feint pellerinage à Sainct-Jacques >ur voir son amoureux sitost conceu. Et, s estant cheminée en Espagne, et pris le chemin par la mai- »n du seigneur de Méndozze, eut temps et loisir de mtenter et de rassasier sa veue de l'objet beau qu'elle roit esleu; car la sœur du seigneur de Mendozze, li accompagnoit la duchesse, avoit adverty son frère une telle et si noble et belle venue : à quoy il ne mit d'aller au devant d'elle bien en point, monté r un beau cheval d'Espagne, avec une si belle grâce
1 . C'est la première Nouvelle de la troisième |>artie dans Tëdia de Yenisef 1568, in-4^, tome III, p. i.
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que la duchesse eut occasion de se contenter * de renommée qui luy avoit esté rapportée, et Vadnàmrs^ fort, tant pour sa beauté que pour sa belle façon, qcjai. monstroit à plain la vaillance qui estoit en luy, qu'eLft^ estimoit bien autant que les autres vertus et acconm — plissemens ' et perfections, présageant dès lors qu'u^s:^ jour elle en auroit bien affaire, ainsi que par apre:^ il luy servit grandement en l'accusation Êiusse qui^ le comte Pancalier fît contre sa chasteté. Toutesfoîs ^ encor qu'elle le tint brave et courageux pour les armeSy si fut-il pour ce coup couard en amours; Gsar il se monstra si froid et respectueux enverâ elle, qu'il ne luy fit nul assaut de paroles amoureuses, ce qu'elle aymoit le plus, et pourquoy elle avoit- entrepris son voyage : et, pour ce, dépitée d'un tel froid respect, ou plustost de telles couardises d'amom^s, s*en partit le lendemain d'avec luy, non si contente qu'elle eust M^^ voulu. F SI
Voilà comment les dames quelquesfoLs ayment bien autant les hommes hardis pour Tamour comme pour les armes, non qu'elles vueillent qu'ils soyent efirontez et hardis, impudents et sots, comme j'en ay cogneu; mais il faut qu'ils tiennent en cela le médium' W^^
J'ay cogneu plusieurs qui ont perdu beaucoup ^l^ m^ î bonnes fortunes pour tels respects, dont j'^n ferois<l^ bons contes si ne craignois m'esgarer trop de moï* Wtm discours ; mais j'espère les faire à part : si diray-î^ W^ % cettui-cy
J'ay ouy conter d'autres fois d'une dame, et A^ \^