Accomplissemens\ qualités accomplies
*^s-belles du monde^ laquelle, ayant de mesme ouy ^fiommer un prince pour brave et vaillant \ et qu'il to^oit desjà en son jeune aage fait et. parfait de grands c^^loicts d'armes, et surtout gaigné deux grandes et ^nalées batailles contre ses ennemis, eut grand esir de le voir; et pour ce fit un voyage en la pro- LKice où pour lors il y faisoit séjour^ sous quelque autre r^texle que je ne diray point. Enfin elle s'achemina; Lsiis, et qu'est-il impossible à un brave cœur amou- ^«x? elle le void et contemple à son aise, car il vint >rt loing au devant d*elle, et la reçoit avec tous les oimeurs et respects du monde , ainsi qu'il devoit à càc si grande, belle et magnanime princesse, et trop, oxnme dit Tautre ; car il luy en arriva de mesmes omme au seigneur de M endozze et à la duchesse de avoye : et tels respects engendrèrent pareils dépits t mécontentemens. Si bien qu'elle partit d'avec ay non si bien satisfaitte comme elle y estoit venue, ^ossible qu'il y eust perdu son temps et qu'elle n'eust )l>ey à ses volontez ; mais pourtant l'essay n'en fust îslê mauvais , ains fort honnorable, et l'en eust-on estimé davantage.
De quoy sert donc un courage hardi et généreux^ s'il De se monstre en toutes choses, et mesme en amours comme aux armes, puisqu'armes et amours sont compagnes, marchent ensemble et ont une niesme simpathie , ainsi que dit le poëte * : « Tout
' - Henri III vainqueur à Jarnac et à Moncontour.
^- Ovide, qui commence ainsi la !!• ëlégie des Amores :
Militât omnis amans et habet sua castra Cupido. Attice, crede mihi : militât omnis amans.
amant est gendarme , et Cupidon a son camp et s4X armes aussi bien que Mars. » M. de Ronsard en a EaLi un beau sonnet dans ses premières Amours^.
Or, pour tourner encor aux curiositez qu'ont le^ dames de voir et aymer les gens généreux et vaillants j*ay ouy raconter à la reyne d'Angleterre Elisabetb ^ qui règne aujourd'huy, un jour, elle estant à table^, faisant souper avec elle M. le grand prieur de France^ de la maison de Lorraine, et M. d'Amville, aujour— <l'huy M. de Montmorency et connestable, parmyc& devis de table, et s* estant mis sur les louanges du feu roy Henry deuxiesme, le loua fort de ce qu'il estoit brave, vaillant et généreux, et, en usant de ce mot, fort martialy et qu'il Tavoit bien monstre en toutes ses actions; et que pour ce, s'il ne fust mort si tost, elle avoit résolu de l'aller voiï» en son royaume, et avoit fait accommoder et apprester ses gaUères pour passer en France et toucher entre leurs dea^ mains la foy et leur paix. « Enfin c'estoit une de mes « envies de le voir; je croy qu'il ne m'en eust refiiséc, a car, disoit-elle , mon humeur est d'aymer les gens c< vaillants; et veux mal à la mort d'avoir ravy un « si brave roy, au moins avant que je ne Paye veu.»
Cette mesme reine, quelque temps après, ayant ouy tant renommer M. de Nemours des perfections el valleurs qui estoyent en luy, fut curieuse d'en de* mander des nouvelles à feu M. de Rendan ', lorsque