‹ Œuvre complètes (volume 2)Chapitre 126 sur 217 · En 1573. — 3. En · texte numérisé non relu

En 1573. — 3. En

lin, ny de soie, ny d'autres choses pour faire cordes, s'advîsèrent de couper leurs belles tresses et blonds cheveux^ et ne pardonner à ce bel honneur de leurs testes et parement de leurs beautez; si bien qu'ellesmesmes^ de leurs belles^ blanches et délicates mains, en retorsèrent * et en firent des cordes , et en fournirent à leurs gens de guerre : dont je vous laisse à penser de quels courages et de quels nerfs ils pouvoient tendre et bander leurs ares^ en tirer et en combattre^ portans si belles Êiveurs des dames.

Nous lisons dans l'Histoire de Naples * que ce grand capitaine Sforze^ sous la charge de la reine Jeanne seconde^ ayant esté pris par le mary de la reine, Jacques, mis en estroitte prison et en quelques traits de corde* sans doute il avoit la teste tranchée, sans que sa sœur Marguerite se mit en armes et aux champs. Et fit si bien, elle en personne, qu'elle prit quatre gentilshommes napolitains des principaux, et manda au roy que tel traittement il feroit à son firère, tel le feroit-elle à ses gens. Si bien qu'il fîit contraint de faire accord et le laseher sain et sauve. Ah 1 brave et généreuse sœur, ne tenant guière en cela de son sexe I

Je sçay aucunes sœurs et parentes que, si elles eussent fait pareil trait, il y a quelque temps, possible eussent-elles sauvé un brave frère qu'elles avoyent *,

1. BetorseTy tresser. — Voyez Appien, De rébus punicis ^ A. xcm. Il est inutile de dire que T historien grec ne parle pas des blonds cheveux des Carthaginoises.

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