‹ Œuvre complètes (volume 2)Chapitre 133 sur 217 · Gabrielle d'Estrées. Voyez la note de la p · texte numérisé non relu

Gabrielle d'Estrées. Voyez la note de la p

2. Fille ainëe de Gilles de la Tour, seigneur de Limeuil, et Qt la sœur, après avoir éié maîtresse du prince de Condë, dusa Scipion Sardini.

3. La Bataille de Marignan^ ou la Défaite des Suisses y est e chanson que le eëlèbre Clément Janequin a mise en musique, e a paru pour la preihière fois dans le recueil si rare de Pierre taignant; et réimprimée plusieurs fois dans le courant du seime siècle, elle Ta été de nos jours dans le cinquième volume du

« pourrez : et quand vous serez sur le mot Tout ^ « perdu y sonnez-le par quatre ou cinq fois, le {>! c( piteusement que vous pourrez; » ce que fît l'auto et elle-mesme luy aidoit de la voix : et quand vînt à Tout est perdu, elle le récita par deux foi et se tournant de l'autre costé du chevet, elle c à ses compagnes : <c Tout est perdu à ce coup, e^ bon escient; » et ainsi décéda. Voilà une lao joyeuse et plaisante. Je tiens ce conte de deux c ses compagnes dignes de foy, qui virent jouer J mystère.

S'il y a ainsi aucunes femmes qui meurent dejorsï ou joyeusement, il se trouve bien des hommes ^i en ont fait de mesmes ; comme nous lisons de ae grand pape Léon *, qui mourut de joye et liesse quand il vid nous autres François chassez du toirf hors de Testât de Milan ; tant il nous portoit (k haine I

Feu M. le grand prieur de Lorraine prit une fou envie d'envoyer en cours vers le Levant deux de ses gallères sous la charge du capitaine BeaulieU; Tun^k ses lieutenants, dont jfe parle ailleurs. Ce Beaulieaj

Recueil de morceaux de musique ancienne publié sous la directKB du prince de la Moskowa. Elle commence ainsi : Escoutez tous, gentilz Gallojs.

Le passage auquel Brantôme fait allusion est celui-ci :

Hz sont confuz; Hz sont perduz; Prenez courage.

Leroux de Lincy, dans son Recueil de chants historiques (toneD) n'a donné qu'une partie de cette chanson. i . Léon XII.

jaL fort bien^ car il estoit brave et vaillant. Quand fiit vers TArchipelage *, il rencontra une grand* .a vénétienne bien armée et bien riche : il Facom- Bnoa à la canonner^ mais la nau luy rendit bien sa Ive; car de la première voilée elle luy emporta MTx de ses bancs avec leurs forçats tout net, et son Mitenant^ qui s'appelloit le capitaine Panier, bon ►xnpagnon^ qui pourtant eut le loisir de dire ce seul lOt, et puis mourir : a Adieu paniers, vendanges sont faites. » Sa mort fut plaisante par ce bon mot. e fut à M. de Beaulieu à se retirer, car cette nau sloit pour luy invincible.

La première année que le roy Charles neufîesme ■ut roy, lors de Tédict de juillet, qu'il * se tenoit au fauxbourg de Saînct-Gennain , nous vismes pendre un enfant de la matte là mesme, qui avoit dérobé six vaissçUes d'argent de la cuisine de M. le prince de La Roche-sur-Ion. Quand il fui sur Teschelle, il pria « bourreau de luy donner un peu de temps de par- ^% et se mit sur le devis, en remonstrant au peuple ^u^on le faisoit mourir à tort : « car disoit-il, je n'ay

• point jamais exercé mes larcins sur de pauvres

* gens, gueux et mallotrus, mais sur les princes et ^ les grands, qui sont plus grands larrons que nous ^ €t qui nous pillent tous les jours; et n'est que bien ^ feit de répéter* d'eux ce qu'ils nous dérobbent et ^ nous prennent. » Tant d'autres sornettes, dit-il, ^Ikisantes, qui seroyent superflues de raconter, sinon' [ue le prestre qui estoit monté sur le haut de l'es-

i. L'Archipel. — 2. Qu'ily que Charles IX. 3. Répéter y reprendre.

chelle avec luy, et s'esloit tourné vers le peuple, comme on void, luy escria : « Messiem^s, ce pauvre « patient se recommande à vos bonnes prières; nous w dirons tous pour luy et son âme un Pater noster « et un y4ife Maria, et chanterons Sahe^ » et que le peuple luy respondoit^ ledict patient baissa la teste, et regardant ledict prestre^ commença à brailler comme un veau , et se mocqua du prestre fort plaisamment, puis luy donna du pied et l'envoya du haut de l'eschelle en bas^ si grand saut quil s'en rompit une jambe. « Ah I monsieur le prestre^ par « Dieu, dit-il^ je sçavois bien que je vous deslc^erois (c de là. Il en a ^ le gallant. j> L*oyant plaindre^ se mit à rire à belle gorge déployée, et puis luy-mesme se jetta au vent. Je vous jure qu'à la cour on rit bien de ce trait y bien que le pauvre prestre se fust &it grand mal. Voilà une mort, certes, non guières triste.

Feu M. d'Estampes ^ avoit un fou qui s^appelloit Colin, fort plaisant. Quand sa mort s'approcha, M. d'Estampes demanda comment se portoit Colin. On luy dit : « Pauvrement , monsieur ; il s'en ta « mourir, car il ne veut rien prendre. — Tenez, dit (( M. d'Estampes, qui lors estoit à table, portez-lu; « ce potage, et luy dites que, s'il ne prend quelque a chose pour l'amour de moy, que je ne l'aymeray » jamais, car on m'a dit qu'il ne veut rien prendre.! L'on fit l'ambassade à Colin, qui, ayant la mqri entre les dents, fit response : « Et qui sont-ils ceux- \

\ . Est-ce Jacques d'Estampes, seigneur de Valençay, dépoté de la noblesse du Berry aux États d'Orléans (1560) ?

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là qui ont dit à monsieur que je ne voulois rien prendre? » El estant entourné d'un million de ouches (car c'estoit en esté)^ il se mit à jouer de main à Fentour d'elles, comme l'on voit les pages laquais et autres jeunes en&ns après elles; et en rant pris deux au coup^ en faisant le petit tour de main qu'on se peut mieux représenter que l'escrire : Dittes à monsieur, dit^il^ voylà que j'ay pris pour l'amour de luy^ et que je m'en vais au royaume des mouches. )» et se tournant de l'autre costé le ilknt trespassa.

Sur ce j'ay ouy dire à aucuns philosophes que vo- •ntiers aucunes personnes se souviènent à leur tresis des choses qu'ils ont plus aymées, et les re- >rdent'^ comme les gentilshommes^ les gens de lerre, les chasseurs et les artisans^ bref de tous iiasi en leur profession, mourant ilz en causent iielque mot : cela s'est veu et se voit souvent. Les femmes de mesme en disent aussi quelque raliée, jusques aux putains ; ainsi que j'ay ouy parler We dame d'assez bonne qualité^ qui à sa mort iompha de débagouller de ses amours , paillardises L gentillesses passées : si bien qu'elle en dit plus ue le monde n en sçavoit^ bien que l'on la soupçonast fort putain. Possible pouvoit-elle fairç cette des- :)uverte % ou en resvant, ou que la vérité, qui ne se eut celer, l'y contraignist, ou qu'elle voulust en escharger sa conscience; comme de vray en saine >nscience et repentance, elle en confessa aucuns en

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