DeboUzze^ faiblesse; de l'italien debd à
MS DABUS. 13
A Nostra oniàttilr ndtis apprenoit à tous dt n'cstre si légers à condamner et faire mourir les personnes^ mesmes sur ce subject, cognoissant les fragilitez de noi^tre nature et Tabus que plusieurs y commettent; car tel fait mourir sa femme ^ qui est plus adultère qu'elle> et tels les font mourir bien souvent inno* centesf se fasohans d'elles pour en prendre d'autres nourelles : et combien y en a-^ill Sainct Augustin dit que l'homme adultàre est aussi punissable que la femme \
J'ay oiiy parler d'un très^grand prince* de par le monde^ qui^ soubçonnant sa femme Ëdre l'amour avec un gallant cavallier^ il le fit assassiner sortant le soir de son palais^ et puis la dame ) laquelle^ un peu auparavant^ à un tournoy qui se fit à la cour^ et elle fixement arregardant son serviteur qui manioit bien son cheval ^ se mit à dire : « Mon Dieul qu'un « tel pique bien 1 »*^ Ouy^ mais il pique trop haut ; » Ce qui l'estonna^ et après fut empoisonnée par quelques parfUms ou autrement par la bouche.
J'ay cogneu un seigneur do bonne maison qui fit mourir sa femme, qui estoit très^-belle et de bonne part et de bon lieu> en l'empoisonnant par sa nature^ sans s'en ressentir^ tant subtile et bien faicte avoit esté icelle poison^ pour espouser une grand' dame qui avoit espousé un prince; dont en fut en peine, en prison et en danger sans ses amis : et le malheur
1 . Vôjef le traité de èâltlt Augustin : De conJuglU àdkiteHniSf liV. Il, ehap. Yiit , intitule t HH aduiteri gtàpiUé pMlendi qUam adulter» uxores^ dans ses œuvres, ëdit^ de 4685^ in*»!*, tomS VI, p. 407.
t. Philippe II et sa femme Elisabeth de ffàfiee.
%k DES DAMES.
voulut qu'il ne l'espousa pas^ et en (ut trompé et fort scandalisé^ et mal veu des hommes et des dames.
J'ay veu de grands personnages blasmer grandement* nos rois anciens, comme Louis Hutin et Charles le Bel, pour avoir faict mourir leurs femmes; Tune, Mai^uerite, fille de Robert duc de Bourgogne; et l'autre, Blanche, fille d'Othelin comte de Bourgogne^; leur mettans à sus leurs adultères; et les firent mourir cruellement entre quatre murailles, au Chasteau- Gaillard : et le comte de Foix en fit de mesmes à Jeanne d'Arthoys ". Sur quoy il n'y avoit point tant de forfaicts et de crimes comme ilz le faisoient à croire; mais messieurs se faschovent de leurs femmes, et leur mettoient à sus ces belles besongnes, et en espousèrent d'autres.
Comme de frais, le roy Henry d'Angleterre fit mourir sa femme et la décapiter, Anne de Boulan ', pour en espouser une autre, ainsi qu'il estoit fort sujet au sang et au change de nouvelles femmes. Ne vaudroit-il pas mieux qu'ils les répudiassent selon la parole de Dieu, que les faire ainsi cruellement mourir? Mais il leur en faut de la viande firaische à ces messieurs, qui veulent tenir table à part sans y convier personne, ou avoir nouvelles et secondes femmes qui leur apportent des biens après qu'ilz ont mangé ceux de leurs premières, ou n'en ont eu assez pour