‹ Œuvre complètes (volume 2)Chapitre 148 sur 217 · Hyraigne^ araignée. — Hyrcmtelle^ toile d'araignée · texte numérisé non relu

Hyraigne^ araignée. — Hyrcmtelle^ toile d'araignée

2. Tout le reste du paragraphe est barré sur le manascrîl, et Brantôme a écrit en marge (P* 5 et 6 ) : « Escrit ailleurs et, ponr ce,razé. — J'ay escrit cecy ailleurs, parquoy le faut laysser (omettre). — Je panse avoyr mis ce passage en mon Discours des ûoses maryées. S'il est ainsin , il faut excuser ma mémoyre labik qâ ne peut se souvenyr de tout. »

n'ont fait d'amys hônnestes^ aust[uelles est très-malséant et vitupérable d'aller abandonner la chasteté de leur corps, comme si c'estoient quelques courtizanes : mais celles qui ayment, et qui ont fait des amis bien choysys, ceste loi ne leur prohibe nullement qu'elles ''ne leur assistent en leurs fœuz qui les bruslent, et ne leur donnent de quoy pour estaindre; et que c'est proprement donner la vie à un qui la demande, se moBStrant en cela bégnines, et nullement barbares ny cruelles, comme disoit Regnaud que j'ay dit cydevant sur le discours de la paouvre Geneviéfve affligée*. Sur quoy j'ay cogneii une fort honneste dame et grande, laquelle, un jour son amy l'ayant trouvée à son cabinet, qui traduisoit cette stance dudit Regnaud, una donna des^e dunque morire^j en vers françois aussi beaux et bien faitz que j'en vis jamais (car je les vis despuis) , et ainsi qu'il luy demanda ce qu'elle avoit escrit : « Tenez, voylà une traduction que je « viens de faire, qui sert d'autant de sentence par a moy donnée, et arrest formé pour vous contenter « en ce que vous désirez, dont il n'en reste que fc l'exécution; » laquelle, après la lecture, se fit aussitost. Quel arrest bien meilleur que s'il feust esté fait en la Tournellel car, encores que l'Arioste ornast les paroUes de Regnaud de très-belles raisons, je vous asseure qu'elle n'en oublia aucune à les très-bien traduire et représenter, si bien que la traduction valloit bien autant pour esmouvoir que Toriginal; et donna

i . Orlando furioso^ chant iv, vers 500 et suiv. 2. Brantôme a estropie le vers d'Arioste : Una donzella duûque de* morire.

bien à entendre à tel amy qu'elle luy vouloît donner b vie et ne luy estre nullement înnexorable^ ainsi que Tautre en seeut bien prendre le temps.

Pourquoy donc une dame^ quand Nature Ta feite bonne et miséricordieuse^ n'usera-elle librement des dons qu'elle luy a donnez, sans en estre ingratte/ ou sans répugner et contredire du tout contre elle? Comme fit une dame dont j'ay ouy parler, laquelle, voyant un jour dans une salle son mary marcher et se pourmener, elle ne se peut engarderde dire à son amant : « Voyez, dit-elle, marcher nostie <f homme; n'a-il pas la vraye encoUure d'un coca? « N'eussè-je pas donc offancé grandement Nature^ a puisqu'elle Tavoit fait et destiné tel, si je l'ecsse « desmentie et contreditte? »

Tay ouy parler d*un' autre dame, laquelle, se plaîgnoît de son mary, qui ne la traictoit bien et jalousement l'espioit; et se doubtoit qu'elle luy faisoit des cornes. <c Mais il est bon, disoit-elle à son amy! il ce luy semble que son feu est pareil au mien : car je (c luy estains le sien en un tourne-main, et en quatre <r ou cinq gouttes d'eau; mais au mien, quia autre f « profondeur de fournaise, il m'y en faut plusieurs : a car nous autres sommes du naturel des hydropiqnes ff ou une fosse d'araine ', qui tant plus Ûz avaDent tf d'eau et plus ilz en veulent avaller. n

Et disoit bien mieux un' autre, que leur cas estoit du naturel des poulies, lesquelles engendrent la pëpie et en meurent si elles ont faute d'eau et ne boiv^ De mesmes est leur cas qui engendre la pépie et en

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