‹ Œuvre complètes (volume 2)Chapitre 149 sur 217 · ArainCy sable · texte numérisé non relu

ArainCy sable

meurt bien soavaht^ si on ne luy donne souvant à boire ; mais il faut que ce soit d'autre eau que de fontaine ^ Un' autre dame disoit qu'elle estoit du naturel du bon jardrin, lequel ne se contente pas de l'eau du ciel^ mais en demande à son jardinier^ pour en estre plus fructueux. Un' autre dame disoit qu'elle voulloit ressembler aux bons œconomes et mesnagers^ lesquelz ne donnent tout leur bien à mesnager ^ un seul et faire valloir, mais le despartent à plusieurs mains; car une seuUe n'y pourroit fournir pour le bien esvalluer". Semblablement voulloit-elle ainsi mesnager son c. pour le meilliorer ', et elle s'en trouvoit mieux.

J'ay ouy parler d'une honneste dame qui avoit un amy fort laid et un fort beau mary, et de bonne grâce; aussi la dame estoit très-belle. Une sienne famillière luy remonstrant pourquoy elle n'en choysissoit un plus beau : a Ne sçavez-vous pas^ dist- (( elle, que pour bien cultiver une terre, il y faut « plus d'un laboureur, et voluntiers les plus beaux a et les plus dellicatz n'y sont pas les plus propres, a n>ais les plus ruraux et les plus robustes? j) Un* autre dame que j'ay cogneue, qui avoit un mary fort laid et de fort mauvaise grâce, choysit un amy aussi laid que luy; et comme une sienne eompaigne luy demanda pourquoy : « C'est pour mieux me r'accous- « tumer à la laideur de mon mary. »

i. En marge de la main de Brantôme : « J'ay encor mis ce passage à Tautre Discours des famés, comme d'autres. Quelqu'un plus curieux que moy corrigera tout cela. » — « Escrit ailleurs. » (Ms., t> 6 vo.)

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