‹ Œuvre complètes (volume 2)Chapitre 158 sur 217 · La citation est inexacte; Horace a dit : Sicvisum Veneri · texte numérisé non relu

La citation est inexacte; Horace a dit : Sicvisum Veneri

{Odes, liv. I, 33, vers 40.)

que je ne la voulois jamais apeller autrement que ma gloire. En quoy elle se pleust tant, qu'elle me voulut aussi apeller son arrogant.

Continuant ainsi toujours, je la servis longuement; et si me peux vanter que j'euz part en ses bonnes grâces autant ou plus que grand seigneur de la court qui la voulust servir; mais un très-favory du roy, brave certes et vaillant gentilhomme^ me la ravit, et par la faveur de son roy me l'embla et l'espousa. Et pourtant, tant qu'elle a vescu, telles alliances ont tousjours duré entre nous deux, etFay tousjourstrèshonnorée. Je ne sçay si je seray repris d'avoir fait ce conte, car on dit volluntiers que tout conte fait de soy n'est pas bon; mais je me suis esgaré ce coup, encorque dans ce livre j'en aye fait plusieurs de moymesme en toutes Êiçons, mais je tais le nom.

II y a encor d'autres filles qui sont de si joyeuse complexion, et qui sont si follastres, si endémenées * et si enjouées, qui ne se mettent autres subgectz en leurs pensées qu'à songer à rire, à passer leur temps, à fbllastrer, qu'elles n'ont pas l'arrest d'ouir ny songer à autre chose, sinon à leurs pettitz esbatementz. J'en ay cogneu plusieurs qui eussent mieux aymé ouyr un viollon, ou danser, ou sauter, ou courir, que tous les propos d'amour : aucunes lâchasse, si bien qu'elles se pouvoient plustost nommer sœurs servantes de Dianne que de Vénus. J'ay cogneu un brave et vaillant seigneur, mais il est mort, qui devint si fort perdu de l'amour d'une fille, et puis dame grande, qu'il en mouroyt; « car, disoit-il, lorsque je

Page 1