Luctueus, triste; luctuosus
2. Brantôme se trompe. Si tous trob moururent U nëe, en 1558, ce fut Élëonore qui fut firappëe la prenûèfe. tk \ mourut le 18 février, Charles -Quint le îl septembre et Mm j le 18 dëcembre.
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cela, le roy, son mary, ne Ten traictoit pasmieux^ car ilenmaudissoit fort TalUance, ainsi que j'ay ouy dire.
Après le despart de la reyne d'Ongrie^ ne resta aucune princesse grande près du roy Phillipe (jà seigneur investi de ses pays), sinon madame la duchesse de Lorraine, Christierne de Danemarc^, sa cousine germaine^ despuis nommée Son Altesse^ qui luy tint tousjours bonne compaignie tant qu'il demeura là, et fit tousjours beaucoup valloir sa court; car toute com*t de roy, prince^ emp^eur, ou monarque, tant grande soit-elle, est peu de chose si elle n'est. acompagnée et recommandée ou d'une court de reyne^ ou d'emperière^ ou grande princesse^ et de grand nombre de dames et damoyselles^ ainsi que je m'en suis bien aperceu et l'ay veu discourir et dire aux plus grands.
Geste princesse^ à mon gré^ a esté une des belles princesses et autant accomplies que j'aye point veu. £11' estoit en visage très-belle et très-agréable^ la taille très^belle et haute ^ et le discours très-beau, surtout s'habillant très-bien; si bien que, de son temps, ell' en donna à nos dames de France, et aux siennes^ le patron et modelle de s'habiller, qu'on apeUoit à la Lorraine^ pour la teste^ et pour la coiffure et le voille, dont il en faisoit fort beau voir nos dames de court; et voUuntiers ne s'en accommodoient que les bonnes festes ou grandes magnifficences^ pour mieux se pa-
i . Christine, fille de Chrisdem II, roi de Danemark et d'Elisabeth d'Autriche, morte le 10 décembre 1590. Devenue veuve (1535) de Franoob Sforze, duc de Biilan, elle épousa (1540) François, duc de Lorraine, qui mounit le 12 juin 1545.
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rer et se monstrer^ et tout à la Lorraine et imitatkm de Son Altezze. Elle avoit surtout l'une des beib mains que Ton eust sceu voir; aussi Pay-je veu fort louer à la reyne mère^ et la parangonner à la sienne. \ Elle se tenoit fort bien à eheval et de fort bcmne
grâce, et aUoit lousjours à Testrieu sur Taroon, dont ell' avoit apris la façon de la reyne Marie, sa tante^ et ay ouy dire que la reyne mère Tavoit apm d'elle; ear auparavant elF alloit à la planchette^ qoi eertes ne monstroit la grâce ni le beau geste ccmirae Ffstrieu. Elle vouloit en cela fort imiter la reyne s» tante, et ne montoit jamais que sur des chevaux fE§paigne, turcz, barbes et fort beaux genetz^ qui aib»sent bien Tamble^ ainsi que je luy en ay veu par m coup une douzaine de très beaux, les uns qu'on n'east sceu dire plus beaux que les autres. Geste tante fifmoit fort^ et la trouvoit scelonson humeur^ tantpoar les exercices qu'ell' aymoit^ et de chasses et Mtm, que pour ses vertuz qu'elle cognoissoit en eDe« AoUi» estant mariée, l'alloit-elle voir souvant en FhndrtSi ainsi que j*ay ouy dire à madame de FontaÎQ^;*^ après qu'elle fîit vefire, et surtout après qu'on lojM osté son filz^, elle quicta la Lorraine de desfHt; V ell' avoit un cœur très-grand. Elle s'en alla ÎÊimU demeure avec l'empereur son oncle et les reyneBlBi tantes, qui la receprent à très-grand' aise.
Elle suporta fort impatiemment là perte et tà^ sance de monsieur son ûh, encor que le roy Henry luy en fist toutes les excuses du monde^ et luy aflé-
i . Charles H, duc de Lorraine et de Bar, ne le 15 fëvner iSU mort le 14 mai 1608.
gast qu'il le vouloit adoter pour son filz. Mais, ne se pouvant apaiser, et voyant qu'on lui bailloit le bon homme M. de La Brousse * pour gouverneur, et ostoiton celluy qui l'estoit (M. de Montbardon, fort sage et honneste gentilhomme que l'empereur luy avoit donné, le cognoissant pour tel de longue main^ car il Tavoit veu serviteur de M. de Bourbon*, et estoit François refiugié), ceste princesse, nonobstant, voyant toutes choses désespérées, pour cela vint trouver un jour de jçudi sainct' le roy Henry dans la grande gallerie de Nancy, où estoit toute sa court, et d'une grâce très-asseurée, avec ceste grande beauté qui la rendoit encor plus admirable, vint sans s'estonner, ny s'abaisser aucunement de sa grandeur, en luy faisant pourtant une grand' révéranee ; et, le supliant, luy remonstra, les larmes aux yeux, qui la rendoient plus belle et plus agréable, le tort qu'il luy faisoit de luy oster son filz, chose si chère qu'elle n'en avoit au monde une telle, et qu'elle ne méritoit point ce rude traitement, veu le grand lieu d'où ell' estoit extraicte, et aussi qu'elle ne pensoit avoir rien Élit contre son service. Et ces propos tenoit-eUe si bien ditz et de si bonne grâce, et par si belles raisons, avec de si douces complainctes, que le roy, qui de soy estoit tousjours très-courtois aux dames, en eust une très-grande compassion, non-seullement luy, mais tous les princes et grands et petitz qui se trouvarent à telle veue.
Le roy, qui estoit le plus respectueux roy aux