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entendu qu'elle avoic attenté sur sa vie; et, tout oruel qu'il t^stoit^ eneop que ces deux raisons fussent assez bastantes pour la faire mourir, il se ck)ntenta du divorce.
P'avantage, combien de temps porta-il les fredaines et sales bourdelerîes de Valleria Messalina^ son autre femme^ laquelle ne se contentoit pas de le faire avec l'un et l'autre dissolument et indiscrètement , mais faisoit profession d'aller aux bourdeaux s'en faire donner^ comme la plus grande bagasse de la ville ^ jusques là, comme dit JuvénaP^ qu'ainsi que son wary estoit couché avec elle, se déroboit tout bellement d'auprès de luy le voyant bien endormy, et se déguisoit le mieux qu'elle pouvoit^ et s'en alloit en plain bourdeau^ et là s'en faisoit donner si très« tant^ et jusques qu'elle en partoit plustost lasse que ^oule et rassasiée. Et faisoit encor pis : pour mieux se satisfaire et avoir cette réputation et contentement en soy d'estre une grande putain et bagasse, se faisoit payer, et taxoit ses coups et ses chevauchées, comme un commissaire qui va par païs, jusques à la dernière maille.
J'ay ouy parler d'une dame de par le monde, d'assez chère esloffe, qui quelque temps fit cette vie, et alla ainsi aux bourdeaux déguisée, pour en essayer la vie et s'en faire donner; si que le guet de la ville, «H faisant la ronde, l'y surprit une nuict. Il y en a d'autres qui font ces coups, que l'on sçait bien.
Bocace, en son livre des Illustres malheureux*^
i. Juvënal, satire tt, vers tid et «uiv. 2. Voyes le cbiip. ii du livre VU.
DB8 DAMfS. ai
ptrie de oetta MessaUne gentiment, et la kil alléguant ses e]ioii«es en œla , d'autant qu'elle eatoit du tout née à cela , si que le jour qu'elle naaquit oe fut en œrtains aigneg du ciel qui l'embrasèrent et elle et autres. Son mary le sçavoit, et l'endura longtemps i jusques à oe qu'il loeut qu'elle s'estoit mariée sous bourre^ aveg un Caius Silius, l'un des beaui^ gentilshommes de Borne. Voyant que Q*estoit une assigna* tion aur sa vie, la fît mourir sur oe sujet, mais nul<lement pour sa paillardise, car il y estoit tout accoustumé à la voir, la sgavoir et l'endurer,
Qui a veu la statue de ladite Messaline trouvée ces jours passez en la ville de Bourdeaux, advouera qu'elle avoit bien la vraye mine de faire une telle vie. C'est une médaille antique, trouvée parmy aucunes ruines, qui est très-belle, et digne de la garder pour la voir et bien contempler*. C'estoit une fort ^nde femme* de très-belle haute taille, les beaux traits de son visage, et sa coiffure tant gentille à l'antique romaine t et sa taille très-haute, démonstrant bien qu elle estoit ce qu'on a dit; car, à ce que je tiens de plusieurs philosophes, médecins et physio^ nomistes, les grandes femmes sont à cela volontiers inelinées, d'autant qu'elles sont hommasses; et, estant ainai, participent des chaleurs de l'homme et de la femme; et, jointes ensemble en un seul oorps et sujet, sont plus violentes et ont plus de force qu'une
{. SoM bourre^ secrètement,
2. Ce passage serait curieux s'il ëtait plus clair; mais on ne sait si Brantôme veut parler d'une statue, d'un bas-relief ou d'une QiëdaiUe.'^— Voyez, sur les médailles de Messaline, le tome I, pi. X, de la IhHripiion histoFiqkie des mtmrmw impérifU^i^ par H, Cohen.
seule; aussi qu'à un grand navire, dit-on, il faut une grande eau pour le soustenir. Davantage, à ce que disent les grands docteurs en l'art de Vénus , une grand' femme y est plus propre et plus gente qu'une petite.
Sur quoy il me souvient d'un très-grand prince que j'ay cogneu : voulant louer une femme de laquelle il avoit eu jouissance, il dit ces mois : « C'est une a très-belle putain', grande comme madame ma « mère. » Dont ayant esté surpris sur la promptitude de sa parole, il dit qu'il ne vouloit pas dire qu'elle fust une grande putain comme madame sa mère, mais qu'elle fust de la taille et grande comme madame sa mère. Quelquesfois on dit des choses qu'on ne pense pas dire , quelquefois aussi sans y penser l'on dit bien la vérité.
Voilà donc comme il fait meilleur avec les grandes et hautes femmes , quand ce ne seroît que pour la belle grâce, la majesté qui est en elles; car en ces choses, elle y est aussi requise et autant aimable qu'en d'autres actions et exercices ; ny plus ny moins que le manegge d'un beau et grand coursier du Règne est bien cent fois plus agréable et plaisant que d'un petit bidet, et donne bien plus de plaisir à son escuyer ; mais aussi il faut bien que cet escuyer soit bon et se tienne bien, et monstre bien plus de force et adresse. De mesme se faut-il porter à l'endroit des grandes et hautes femmes; car, de cette taille, elles sont sujettes d'aller d'un air plus haut que les autres; et bien souvent font perdre l'estrieu, voire l'arçon, si l'on n'a bonne tenue; comme j'ay ouy conter à aucuns cavalcadours qui les ont montées; et
lesquelles font gloire et grand mocquerie quand elles les font sauter et tomber tout à plat, ainsi que j'en ay ouy parler d^une de cette ville, laquelle, la première fois que son serviteur coucha avec elle, luy dit franchement : « Embrassez-moy bien, et me liez « à vous de bras et de jambes le mieux que vous «pourrez, et tenez-vous bien hardiement, car je « vays haut, et gardez bien de tomber. Aussi, d'un ccosté, ne m'espargnez pas; je suis assez forte et « habile pour soustenir vos coups, tant rudes soyent- « ils; et si vous m'espargnez je ne vous espargneray « point. C'est pourquoy à beau jeu beau retour. » Mais la femme le gaigna.
Voila donc comme il faut bien adviser à se gouverner avec telles femmes hardies, joyeuses, renforcées, charnues et proportionnées, et, bien que la chaleur surabondante en elles donne beaucoup de contentement, quelquesfois aussi sont-elles trop pressantes pour estre si challeureuses. Toutesfois, comme Ton dit : De toutes tailles bons lévriers , aussi y a-il de petites femmes nabottes qui ont le geste, la grâce, la façon en ces choses un peu approchante des autres, ou les veulent imiter, et si sont aussi chaudes et aspres à la curée, voire plus (je m'en rapporte aux maistres en ces arts), ainsi qu'un petit cheval se remue aussi prestement qu'un grand ; et, comme disoit un honneste homme, que la femme ressembloit à plusieurs animaux, et principalement à un singe, quand dans le lict elle ne fait que se mouvoir et remuer.
J'ay fait cette digression en m'en souvenant; il faut retourner à nostre premier texte.
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Et 06 cruel Néron ne fit aussi que répudier tt femme Octavia^ fille de Claudius et Masialina^ pour adultère^ el sa cruauté s'abstint jusques^là^
Domitian fît encore mieux ^ lequel répudia sa femme Domitia Longina * parce qu'elle estoit si amoureuse d'un certain oomédiant et basteleur nommé Paris, et ne faisoit tout le jour que paiUarder arec lui^ sans tenir compagnie à son mary; mais^ au bout de peu de temps, il la reprit encores et se repentit de sa séparation ; pensez que ce basteleur luy avoit appria des tours de souple^ie et de maniement dont 0 croyoit qu'il se trouveroit bien.
Pertinax en fit de mesme k, sa femme Flavia Sul* pitiana; non qu'il ta répudiast ny qu'il la reprit, mais, la sachant &ire Tamour à un chantre et joueur d'instruments, et s adonner du tout à luy, n'en fit autre conte sinon la laisser fkire, et luy feire l'amour de son costé à une Cornificia estant sa cousine ger^ maine'; suivant en cek l'opinion d'EUogabale, qui disoit qu'il n'y avoit rien au monde plus beau que la conversation de ses pi^r^ats et parentes \ U y en a force qui ont fait tek eschanges que je sçay, se fon* dans sur ces opinions.
Aussi rempereur Severus ^ non phis se soucia de liionneur de sa femme, laquelle estoit putain pu*
i . BrantAme se trompé. lYéron fit taer Octavie qa'il atait d'abord répudiée* Voyes Shitene, Nérom, chap. xicxir«