Voyez Jules Gapitolin, Perîinax^ chap, xm
4* Voyez Plutarque, Héliogabaie^ ch, xin.
5. Septime Sévère, mari de Julia Domna, fiOe de Jolius Bassianus. Voyez Aurelius \l€lor« B& Cmatibuê^ eb« u<
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bliqae^ sans qu'il se souciast jaihais de Ten comger^ disant qu'elle se nommoit Jullia/ et^ pour ee^ qu'il la falloit excuser, d'autant que toutes celles qui portoyent ùe nom, de toute ancienneté estoyent sujettes d'estre très-grandes putains et faire leurs inarys cocus : ainsi que je connois beaucoup de dames portans certains noms de nostï*e christianisme , que je ne veux dire, pour la révéf^nfce que je dois à nostre mainte religion, qui sont coustumièrement sujettes à estre puttes et à hausser le devant plus que d'autres portans autres noms, et n'en a*on veu guières qui s'en soient eschappées.
Or je n'aurois jamais faict si je voulois alléguer une infinité d'autres grandes dames et emperières romaines de jadis, à l'endroit desquelles leurs marys cocus, et très-cruels, n'ont usé de leurs cruautez, autorités et privilèges, encor qu'elles fussent trèsdébordées; et croy qu'il y en a eu peu de prudes de ce vieux temps, comme la description de leur vie le manifeste : mesmes, que l'on régarde bien leurs effigies et médailles antiques, on y verra tout à plain, dans leur beau visage, la mesme lubricité toute gravée et peinte. Et pourtant leurs marys cruels la leur pardonnoyent, et ne les faisoyent mourir, au moins aucuns. Et qu'il faille qu'eux payens, ne reconnaissans Dieu, ayent.esté si doux et benings à l'endroict de leurs femmes et du genre humain, et la pluspart de nés roys , princes ^ seigneurs et autres chrestiens, soyent si cruels envers elles par un tel forfait ! '
Encores faut-il louer ce brave Philippe Auguste, nostre roy de France, lequel, ayant répudié sa femme
Angerberge*, sœur de Canut ^ roy de Dannemarck, qui estoil sa seconde femme , sous prétexte qu'elle estoit sa cousine en troisiesme degré du costé de sa première femme Ysabel (autres disent qu'il la soubçonnoit de faire l'amour), néantmoins ce roy, forcé par censures ecclésiastiques, quoy qu'il fust remarié d'ailleurs, la reprit, et l'emmena derrière luy tout à cheval, sans le sceu de l'assemblée de Soissons faite pour cet effet, et trop séjournant pour en décider*.
Aujourdhuy aucuns de nos grands n'en font de mesme; mais la moindre punition qu'ilz font à leurs femmes, c'est les mettre en chartre perpétuelle, au pain et à Teau, et là les faire mourir, les empoisonnent, les tuent , soit de leur main ou de la justice. Et s'ilz ont tant d'envie de s'en défaire et espouser d'autres, comme cela advient souvent, que ne les répudient-ilz , et s'en séparent honnestement , sans autre mal, et demandent puissance au pape d'en espouser une autre, encor que ce qui est conjoint l'homme ne le doit séparer? Toutesfois, nous en avons eu des exemples de frais, et du roy Charles VIII* et Louis XIP, nos roys.
Sur quoy j'ay ouy discourir un grand théologien, et c'estoit sur le feu roy d'Espagne Philippe, qui avoit espousé sa niepce*, mère du roy d'aujourd'huy,
i . Ingeburge.
2. Ces détails sont pris dans l'Histoire de du Haillan, liv. IX, p. 420.
3. Charles VIII, avant d'épouser Anne de Bretagne, avait été promis à Marguerite d'Autriche, fille de Tarchiduc Maximilien.
4. Anne-Marie, fille de l'empereur Maximilien II, cousin ger« main de Philippe II.
et ce par dispense^ qui disoit : a Ou du tout il faut « advouer le Pape pour lieutenant général de Dieu « en terre, et absolu ou non : s'il Test, comme nous tt autres catholiques le devons croire, il faut du tout ff confesser sa puissance bien absolue et infinie en (c terre, et sans borne, et qu'il peut nouer et dénouer (( comme il luy plaist; mais, si nous ne le tenons tel, a je le quitte pour ceux qui sont en telle erreur, non « pour les bons catholiques. Et par ainsi nostre Père « Sainct peut remédier à ces dissolutions de mariage, <c et à de grands inconvénients qui arrivent pour cela (( entre le mary et la femme, quand ils font tels maua vais ménages. »
Certainement les femmes sont fort blasmables de traitter ainsi leurs marys par leur foy violée, que Dieu leur a tant recommandée; mais pourtant, de l'autre costé, il a bien défendu le meurtre, et luy est grandement odieux de quelque costé que ce soit : et jamais guières n'ay-je veu gens sanguinaires et meurtriers, mesmes de ieurs femmes, qui n'en ayent payé le debte, et peu de gens aymans le sang ont bien finy; car plusieurs femmes pécheresses ont obtenu et gaigné miséricorde de Dieu, comme la Madelaine.
Enfin, ces pauvres femmes sont créatures plus ressemblantes à la divinité que nous autres, à cause de leur beauté; car, ce qui est beau est plus approchant de Dieu, qui est tout beau, que le laid qui appartient au diable.
Ce grand Alfonse, roy de Naples, disoit que la beauté estoit une vraye sîgnifîance de bonnes et douces mœurs, ainsi comme est la belle fleur d'un bon et beau fruit : comme de vray, en ma vie j'ay
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veu force belles femmes toutes bonnes; et^ bien qu'elles fissent l'amoui^, ne faisoyent point de mal, ny autre qu'à songer à ce plaisir^ et y mettoyent tout leur souey sans Tapplioquer ailleurs^
D'autres aussi en ay-je veu très-mauvaises , pernicieuses^ dangereuses^ orueles et fort malicieuses, nonobstant à songer à l'amour et fiu mal tout ensemble.
Sera-il doncques dit qu'estans ainsi sujettes à l'humeur voilage et ombrageuse de leurs marys, qui méritent plus de punition cent fois envers Dieu, qu'elles soyent ainsi punies? Or de telles gens la complexion est autant fascheuse comme est la peine d'en escrire^
J'en parle maintenant encôr d'un autre, qui estoit un seigneur de Dalmatie, lequel> ayant tué le paillard de sa femme, la contraignit de coucher ordinaire*ment avec son tronc mort, charogneux et puant; de telle sorte que la pauyre femme fut suffoquée de la mauvaise senteur qu'elle endura par plusieurs jours.
Vous avez dans les Cent noui^elles de la reine de Navarre*, la plus belle et triste histoire que l'on sçauroit voir pour ce sujet, de cette belle dame d'Allemagne que son mary contraignoit à boire ordinairement dans le test de la teste de son amy qu'il y avoit tué ; dont le seigneur Qemage, lors ambassadeur, en ce pays pour le roy Charles huictiesme, en vit le pitoyable spectacle, et en fit l'accord.
La première fois que je fus jamais en Italie, passant par Venise, il me fut fait un compte pour vray, d'un
i . Voyez ia XXXII» Nouveiie.
on MMB. s»
ôtrltm ohtvtUier tlbadbisi lequel ^ ayant lurpris la fismme en adultère ^ tua l'amoureux. Et de despit qu*il eut que sa ienlme ne i*estoit contentée de luy^ car il ettoit un gallant cavalUer^ et des propres pour Yétms, jusquei à entrer en jouxte dix ou douze fois pour oûe nuict^ pour punition^ il fut curieux de re» eiwrdier partout une douaaibe de bons compagnons^ et fiort ribauts> qui avoyent la réputation d'estre bien et grandement proportionnez de leurs membres^ et fort adroits et chauds à Tcxécution; et les prit^ les gagea et loua pour argent; et les serra dans la chambre de sa femme I qui estoit très^ielle, et la leur abandonna^ les priant totis d'y faire bien leur devoir^ aveo double paye s'ils s'en acquittôyent bien : et se mirent tous après elle^ les uns après les autlréK, et la menèrent de telle façon qii'ilâ la rendirent morte arec un très-grand contentement du mary ; à laquelle il luy reprochai tendante à la mort» que puisqu'elle aroit tant aymé cette douce liqueur > quelle s en saoullast; à mode que dit Sémiramis' à Cyrus, luy mettant sa teste dans un vase plein de sang. Yoylà un terrible genre de mort I
Cette pauvre dame ne fut ainsi morte » si elle eust esta de la robuste complexion d'une garce qui fut au oamp de César en la Gaule » sur laquelle on dit que deux légions passèrent par dessus en peu de temps; et au partir de là fit la gambade^ ne s'en trouvant point mal*
J'ay miy parler d'une femme françoise, de ville, et damoiselle, et belle : en nos guerres civiles ayant esté