Henri IV
î. LeÀ mots : et aura ont été rajoutés par BrantAme.
beauté et vertuz), et jeune, délicatte et très-aymable^ eUe ne s'adonnoit à autre chose qu'à servir Dieu, aller aux dévoctions, visiter continuellement les hospitaux^ penser les mallades, ensepvellyr lesmortz, n'y oubliant ny obmettant rien des bonnes et sainctes œuvres qu'observoient en cela les sainctes, dévoctes et bonnes dames, princesses et reynes du temps passé de la primitive église. Après la mort du roy son mary, elle en a fait tousjours de mesmes, employant le temps à le plorer et regretter, et à prier Dieu pour son âme ; si bien que sa vie du vefvage est toute pareille à celle du mariage. On la soupçonnoit, durant le mary, qu'elle penchoit un peu du party de l'Union, à cause que, toute bonne chrestienne et catholique qu'elle estoit, elP aymoit ceux qui débatoient et combattoient pour sa foy et relligion : mais elle ne les a jamais aymé, ains du tout quicté après qu'ilz eurent tué son mary, n'en réclamant autre vengeance ny punition que celle qu'il plairoit à Dieu envoyer, encor qu'ell* en priast les hommes, et sur tous nostre roy, qui doit justice sur ce fait innorme * d'une personne sacrée. Et ainsi a vescu ceste princesse en mariage, et ainsi vist en viduité sans reproche. Enfin * elle est morte en réputation très-belle et digne d'elle, ayant languy longtemps et traisné héticque et seiche,