‹ Œuvre complètes (volume 2)Chapitre 185 sur 217 · André d'Oraison de Cadenet, évêque de Riez de 1510 à · texte numérisé non relu

André d'Oraison de Cadenet, évêque de Riez de 1510 à

DES DAiMES. 673

puis eut un régiment, servant le roy fort fidellemenl et vaillamment en Guienne^ soubz le mareschal de Matignon.

Bref^ je n'aurois jamais fait si je voulois nombrer tous ces gens : par quoy je me tays pour la briefveté, et de peur aussi qu^on ne mHmpropère * que je suis trop grand faiseur de digressions. Pourtant j'ay fait ceste-cy à propos, en parlant de ceste Victoria Collonna, qui espousa cest abbé. Si elle ne se ftist remiariée avec luy, elle eust mieux porté le tiltre et nom de Victoria, pour avoir esté victorieuse sur soymesme ; et que, puisqu'elle ne pouvoit rencontrer un second pareil au premier, se devoit contenir.

J'ay cogneu force dames qui ont imité ceste précédente. J'en ay veu une qui avoit espousé un de mes oncles, le plus brave, le plus vaillant, le plus parfait qui fust de son temps. Après qu'il fut mort, ell' en espousa un autre qui le ressembloit autant qu'un asne à un cheval d'Espaigne; mais mon oncle estoit le cheval d'Espaigne. Un' autre dame* ay-je cogneu, qui avoit espousé un mareschal de France, beau, honneste gentilhomme et vaillant : en secondes nopces, elle en alla prendre un tout contraire à celluy-là, et avoit esté aussi d'église , et ce que plus on trouva à dire en elle, c'est qu'allant à la court, où elle n'avoit esté dès vingt ans, dès son second maryage, elle reprist le nom et tiltre de son premier mary . A quoy nos

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