‹ Œuvre complètes (volume 2)Chapitre 190 sur 217 · Licencier y donner la licence à · texte numérisé non relu

Licencier y donner la licence à

gueulle, et qui se remarient. N'y a pas longtemps qu'une dame, vefVe de trois marys, espousa en Guienne^ pour le quatriesme, un gentilhomme qu'y tient assez quelque grade» elle estant de Taage de quatre-vingtz ans. Je ne sçay pas pourquoy elle le faisoit^ car ell' estoit très-riche et avoit force escus^ dont pour ce le gentilhomme la pourchassa^ si ce i^'estoit qu'elle ne se vouloit encores rendre, et vouloit encor ifringuer sur les lauriers*, comme disoit madamoyselle Sevin, la folle de la reyne de Navarre.

J ay cogneu aussi une grand' dame qui en l'aage de soixante*seize ans, se remaria et espousa un gentilhomme qui n' estoit pas de la qualité de son premier, et vesquit cent ans; et pourtant s'y entretint belle; car ell' avoit esté des belles femmes en son temps, et avoit bien fait valoir son gentil et jeune corps en toutes façons, et à marier, et mariée, et vefvre, ce disoit-on.

Yoylà deux terribles humeurs de femmes! il falloit bien qu'elles eussent de la challeur. Aussi ay-je bien ouy dire aux bons et expers foumiers, qu'un vieux four est plus aisé à s'eschauffer beaucoup qu'un neuf, et quand il est une fois eschauffé, il en garde mieux sa chaleur et fait meilleur pain.

Je ne sçay quels apétits sçavoureux y peuvent prendre leurs challans marys et amoureux; mais j'ay veu beaucoup de gallans et braves gentilzhommes aussi affectionnez en l'amour des vieilles, voire plus que des jeunes ; et si Ton me disoit que c'éstoit pour en tirer des commoditez. Aucuns en ay-je veu aussi

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