‹ Œuvre complètes (volume 2)Chapitre 191 sur 217 · Fringuer^ sauter, danser · texte numérisé non relu

Fringuer^ sauter, danser

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qui les àymoient d^une très-àrdante amour, sans en lîrer rien de leur bourœ^ sinon de eelle de leor coips; ainsi* que nous ayons yeu autres fois un trèsgrand prince souverain * qui aymoit si ardaminent une grand' dame vefVe aagée^ qu'il quictoit et sa femme et toutes autres tant belles fussent-elles et jeunes^ pour coucher avec elle. Mais en cele-là il avoit raison^ car c'estoit une des belles et aimables dames que Fon eust sceu voir; et son hyver valloit phis certes que les printemps, estez et autonnes des autres. Ceux qui ont pratiqué les courtisannes d'Itallie^ aucuns en ont veu et void-on choisir tousjours les plus Cuneuses et antiques et qui ont plus traîné le balay pour y troover quelque chose de plus gentil^ tant au corps qu'en Tesprit. Voylà pourquoy ceste gentille CSéopatra, ayant esté mandée par Marc Anthoyne de le venir trouver, ne s'en esmeut autrement^ s'assurant bien que, puisqu'elle avoit sceu attraper Jules Gaesar el Cneus Pompeius, filz du grand Pompée, lorsquW estoit encor jeune fillette, et ne sçavoit encores bien que c'estoit de son monde ny de son mestier, qu'elle mèneroit bien autrement son homme, qui estoit fort grossier, et sentant son gros gendarme, ell' estant en la vigueur de son entendement et de son aage, comme elle fit. Aussy, pour en parler au vray, si la jeunesse est propre pour l'amour à aucuns, à d'antres la maturité d'un aage, d'un bon esprit et longue expériance et d'un beau parler, de longue main pratiqué, servent beaucoup pour les suborner.

j . Les 22 lignes suivantes sont barrées sur le manuscrit 2. Henri II et Diane.

Un doubte y a-îl, que j'ay demandé autresfois à des médecins, d'un qui disoit pourquoy 'û ne vivoit plus sain, puîsqu'en sa vie il n'avoit cognu ny touché vieille^ sur ceste afforisme des médecins qui disent : i^etulam non cogna^i^. Avec " d'autres coUibetz^ certes, ces médecins m'ont dit un proverbe ancien qui disoit a qu'en vieille grange l'on bat bien, mais de c( vieux fléaux on n'en fait rien de bon. » D'autres disent : « il n'en chaut quel aage la beste ait,^ mais «t qu'elle porte. » Et aussi que par expériance ilz ont cogneu des vieilles si ardantes et chaudasses^ que, venant à habiter avec un jeune homme, elles en tirent ce qu'elles en peuvent, et l'allambyquent et succent tant qu'il a de substance ou de suc dans le corps, a£Sn de les humetter mieux : je dis celles qui, pour l'amour de l'aage, sont asseichées et ont faute d'humeurs. Lesditz médecins me disoient autres raisons ; mais aux plus curieux je les laisse à les demander.

J'ay veu une vieille vefve, dame grande, qui mit sur les dentz, en moins de quatr' ans , son troisiesme mary et un jeune gentilhomme qu'ell' avoit pris pour son amy ; et les envoya dans terre, non par assassinat ny poison, mais par atténuation et allambiquement de la substance spermaticque. Et à voir ceste dame, on n'eust jamais pensé qu'elle eust fait le coup; car elle faisoit devant les gens plus de la dévocte, de la marmiteuse et de l'hypocrite, jusques-là qu'elle ne vouloit pas prendre sa chemise devant ses femmes de

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