Traversez^ transperçants
M laissent aller au jusne et à la fciin, après, quand « Tapétit leur en prend, ilz ont les boyaux si estroitz « et resserrez qu'il leur en arrive de rinconvéniant. » — a Celluy, dist-elle, que voulez dire de moy n'est « point si estroit ni afamé que, quand l'apétit m'en « viendra, je ne le ressasie tempéremment. »
J'ay cogneu une grand' dame qui, durant qu'ell' estoit fille et mariée, on ne parloit que de son enbonpoinct. Elle vint à perdre son mary, et en faire un regret si extrême qu'ell' en devint seiche comme bois. Pourtant ne dellaissa de se donner au cœur joye d^ailleurs, jusques à emprunter l'ayde d'un sien secrétaire et d'autres, voire de son cuisinier, se disoiton. Pour cela ne recouvra son enbonpoinct, encor que ledit cuisinier, qui estoit tout gresseux et gras, s'il me semble, la devoit rendre grasse. Et ainsi en prenoit et de l'un et de l'autre de ses valletz, faisant avec cela la plus prude et chaste femme de la court, n'ayant que la vertu en la bouche, et mal disante de toutes les autres femmes, et y trouvant à toutes à redire. Telle estoit ceste grande dame de Dauphiné, dans les Cent Nouvelles de la reyne de Navarre *, qui fut trouvée couchée sur belle herbe avec son palleffrenier ou mulletier dessus elle, par ung gentilhomme qui en estoit amoureux à se perdre; mais par ainsi guérit aisément son mal d'amour.
J'ay • ouy parler d'une fort belle famé dans Naples,
i. Voyez la XX« Nouvelle. Le même sujet se retrouve dans les Comptes du monde advcmJtwreux (Nouvelle XXIX) dont il sera parle plus loin.