‹ Œuvre complètes (volume 2)Chapitre 202 sur 217 · Après qu'elle lui eut prêche · texte numérisé non relu

Après qu'elle lui eut prêche

706 DES DAJdES.

tureux^y d'un vallel de chambre de la reyne de Navarre, là où vous voyez l'abbé faire un affiront audit Jehan de Sainctré, qui estoil si brave et si vaillant; aussi bientost après le rendit-il bien à M. Tabbe par bon eschange, et au triple. Ce conte est très-beau, et est pris de là où je vous dis.

Voylà comme ce n'est d'aujourd'huy que les dames ayment les pages, et mesmes quand ilz sont maillez' comme perdriaux. Quelles humeurs de fenmies, qui veulent avoir des amis prou, mais des marys point! Elles font cella pour l'amour de la liberté, qui est une si douce chose; et leur semble que quand elles sont hors de la domination de leurs marys, qu'elles sont en paradis; car elles ont leur douaire très-beau, et le mesnagent; ont les affaires de la maison en maniement; elles touchent les deniers; tout passe parleurs mains : au lieu qu'elles estoient servantes, elles sont maistresses; font élection de leurs plaisirs et de ceux qui leur en donnent à leur souhait.

Aucunes il y en a, à qui leur &sche certes de ne rentrer en second maryage, pour ne perdre leurs grandeurs*, dignitez, biens, richesses, grades, bons et doux traitemens, et par ce se contiennent : aiosi que

1 . C'est la 45* Nouvelle du recueil intitulé : Les Comptes dM monde adventureux^ par A. D. S. D. Paris, i555, in-8*, ^ 74 et suivants. Elle est résumée ainsi dans la table : « L'histoire d'une veuve du duché de Bourgogne, amoureuse d'un gentilhomme, qui^ pour sa longue absence, alla au change d'un abbé, dont puis après le gentilhonmie en print vengeance, au contentement de lay et peipétuel scandale de la dame. » Le fond de la nouvelle est Utoi tiré du roman de Jehan de Saintré; mais la scène se passe en Franche-Comté, et le gentilhomme est appelé Vallor.

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