‹ Œuvre complètes (volume 2)Chapitre 205 sur 217 · Probablement la comtesse de Chateaubriand · texte numérisé non relu

Probablement la comtesse de Chateaubriand

coucher avecques elle, vint à fraper à la porte rudement, ainsi quMl devoit et avoit pouvoir, car il esloil maistre. Elle, qui estoit pour lors accompaignée du sieur de Bonivet, n'osa pas dire le mot des courtisanes de Rome : Non si pub, la signora è accompagnata\ Ce fut à s'adviser là où son gallant se cacheroi t pour plus grande seuretté. Par cas, c'estoit en esté, où l'on avoit mis des branches et feuilles en la cheminée, ainsi qu'est la coustume de France. Par quoy luy conseilla et Fadvisa aussitost de se jeller dans la cheminée, et se cacher dans ces feuillards tout en chemise, que bien le servit de quoy ce n'estoit en hyvert. Après que le roy eut fait sa besoîgne avec la dame, voulut faire de Feau ; et se levant, la vint faire dans la cheminée, par faute d'autre commodité; dont il en eut si grand' envie, qu'il en arrousa le pauvre amoureux plus que si l'on luy eust jette un seillau d'eau, car il l'en arrousa, en forme de chantepleure de jardin, de tous costez, voire et sur le visage, par les yeux, par le nez, la bouche, el partout ; possible en eschapa-il quelque goutte dans la gueule. Je vous laisse à penser en quelle peine estoit ce gentilhomme, car il n'osoit se remuer, et quelle patience et constance tout ensemble ! Le roy ayant fait, s'en alla , prist congé de la dame et sortit de la chambre. La dame fît fermer par derrière, et apella son serviteur dans son lict, l'eschaufia de son feu, luy fît prendre chemise blanche. Ce ne fut sans rire, après la grand' apréhension; car, s'il fust esté descoavert, et luy et elle estoient en très-grand danger.

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