‹ Œuvre complètes (volume 2)Chapitre 207 sur 217 · Probablement Diane de Poitiers · texte numérisé non relu

Probablement Diane de Poitiers

{felles de la reyne de Navarre, qui avoit trois serviteurs au coup, et estoit si habile qu'elle les sçavoit tous trois fort excortement entretenir*.

La " belle Agnès, aymée et adorée du roy Charles Vn% fiist soubsonnée de luy avoir faict une fille qu'il ne pansa estre sienne, et ne la peust pas advouer. Aussi, telle la mère, telle fust la fille, ce disent nos croenicques; comme de mesmes fist Anne de Boulan, famé du roy Henry d'Angleterre, qu'il fist descapiter pour ne se contenter de luy et s'adonner sur l'adultère ; et l'avoy t prise pour sa beauté et l'adoroyt.

J ay cogneu une dame, laquelle ayant esté servie d'un fort honneste gentilhomme, et puis en ayant esté quictée au bout de quelque temps, se vindrent à raconter de leurs amours passées. Le gentilhomme, qui voulut faire du gallant, luy dist : « Et quoy ! pen- « seriez-vous que vous seule fussiez de ce temps ma « maistresse? Vous seriez bien estonnée, si avec vous <c j'en avois eu deux autres? m Elle luy respondit aussitost : « Vous seriez bien plus estonné si vous « eussiez pensé estre le seul mon serviteur, car j'en <r avois bien trois autres pour réserve. » Voylà comment un bon navire veut avoir tousjours deux ou trois ancres pour bien s'afiermir.

Pour faire fin, vive Tamour pour les fenmiesl et, comme j'ay trouvé une fois dans des tablettes d'une très-belle et honneste dame qui habloit' un peu l'es-

i. Voyez la XLIX* Nouvelle.

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