‹ Œuvre complètes (volume 2)Chapitre 212 sur 217 · Brantôme avait mis d'abord moyennesses · texte numérisé non relu

Brantôme avait mis d'abord moyennesses

à faire Paccord entre le peuple romain et les chevaillers^ quand quelquesfois ilz avoient rumeur ensanble. L'empereur Thodosien les ehassa de Rome par k conseil des chrestiens, envers lequel empereur fes Romains députarent un Simachus% pour le prier de les remettre avec leurs biens, rentes et facultez qu VUes avoient grandes, et telles^ que tous les jours elles donnoient si grand' quantité d'aumosnes, qu'elles n'ont jamais permis à nul Romain ny estranger, passant ou venant^ de demander l'aumosne^ tant leur pie charité s'estendoit sur les paouvres : et toutesfois Théodosien ne les y voulut jamais remettre. Elles s'apeUoient vestalles, de ce mot de i^estaj qui signiffie feu, lequel a beau toiu'ner, virer, mouvoir, flamber, jamais ne jette semence ny n'en reçoit : de mesmes la viei^. Elles duroient trente ans ainsi viciées, au bout desquelz se pouvoient marier; desquelles peu sortans de là se trouvoient heureuses, ny plus ny moins que nos relligieuses qui se sont desvoillées et quicté leurs habitz. Elles étoient fort pompeuses et superbement habillées, lesquelles le poète Prudentius" descrit gentiment, telles comme peuvent estre les chanoynesses d'aujourd'huy de Montz en Haynault, et de Réaumond ' en Lorraine, qui se remarient. Aussi ce poète

1. Quintus Aurelius Avianus Symmachus, orateur et homme d'État, le dernier défenseur du paganisme, prëfet de Rome (384- 388), mort au commencement du cinquième siècle. — On a les harangues qu'il prononça non devant Thëodose I*"*, mais/devaiit Valentinien II, pour faire révoquer le décret contre les Vestales.

2. Voyez le poème de Prudence Contra Symmachi oratiotttm^ dans ses œuvres, édit. de Parme, 1788, in-4*, t. II, p. 131 ctsuiv.

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