I. Od ne tricmqplie da ramoar que par le dMaîn
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secourir en ses petites nécessitez^ et eslit son contentement.
J'ay cogneu deux dames de la cour, toutes deux beUes-sœurs; Fune* avoit espousé un mary favory, courtisan et fort habille , et qui pourtant ne faisoit cas de sa femme comme il deyoit , veu le lieu d'où elle estoit ; et parloit à elle devant le monde comme à une sauvage^ et la rudoyoit fort. Elle^ patiente^ Vendura pour quelque temps ^ jusques à ce que son mary vint un peu défavorisé; elle, espiant et prenant l'occasion au poil et à propos , la luy ayant gardée bonne, luy rendit aussitost le desdain passé qu'il luy avoit donné, en le disant gentil cocu : conmie fit aussi sa belle-sœur, prenant exemple à elle, qui, ayant esté mariée fort jeune et en tendre aage, son mary n'en faisant cas comme d'une petite fillaude, ne l'aymoit comme il devoit ; mais elle, se venant advancer sur l'aage, et à sentir son cœur en reconnoissant sa beauté, le paya de mesme monnoye, et luy fit un présent de belles cornes pour l'intérest du passé.
D'autres fois ay-je cogneu un grand seigneur, qui, ayant pris deux courtisannes , dont il y en avoit une more, pour ses plus grandes délices et amyes, ne Élisant cas de sa femme, encores qu'elle le recherchastavec tous les honneurs, amitiés et révérences conjugales qu'elle pouvoit; mais il ne la pouvoit jamais voir de bon œil ny embrasser de bon cœur, et de cent nuicts il ne luy en départoit pas deux.
i. Brantôme a en peut-être en vue ici Margaerite de Lorraine» lieDe-^œur de Henri m, qui la maria à son favori Anne de Joyeuse^ tuë & GoQtras.
18a DES DAMES. ^ —
Qu'eust-^e &it la pauvrette là-dessus^ après tant d'indignitez^ sinon de faire ce qu'elle fit, de choisir un autre lict vaccant, et s'accoupler avec une autre moitié, et prendre ce qu'elle en vouloit?
Au moins, si ce mary eust fait comme un autre que je sçay, qui e^toit de telle humeur, qui, pressé de sa femme, qui estoit très-belle, et prenant plaisir ailleurs , luy dit franchement : ce Prenez vos contence tements ailleurs; je vous en donne congé. Faittes (c de vostre costé ce que vous voudrez faire avec un « autre : je vous laisse en vostre liberté; et ne vous (( donnez peine de mes amours , et laissez-moi taire (c ce qu'il me plaira. Je n'empescheray point vos (c aises et plaisirs : aussi ne m'empeschez les miens, d Ainsi, chascun quitte de là, tous deux mirent la plume au vent : l'un alla à dextre et l'autre à senextre, sans se soucier l'un de l'autre; et voilà bonne vie.
Taymerois autant de quelque vieillard impotent y maladif, goutteux, que j'ay cogneu, qui dist à sa femme (qui estoit très-belle, et ne la pouvant contenter comme elle le désiroit) un jour : <r Je sçay bien, (C m'amye, que mon impuissance n'est bastante pour w vostre gaillard aage. Pour ce, je vous puis estre « beaucoup odieux, et qu'il n'est possible que vous (( me puissiez estre affectionnée femme, comme si je u vous faisois les offices ordinaires d'un mary fort et a robuste. Mais j'ay advisé de vous permettre et vous « donner totale liberté de faire l'amour, et d'em- « prunter quelque autre qui vous puisse mieux cona tenter que moy ; mais, surtout, que vous en élisiez « un qui soit discret, modeste, et qui ne vous esçat
a dalize point', et moy et tout^ et qu'il vous puisse (( taire une couine de beaux enfans^ lesquels j'aymerc ray et tiendray eomme les miens propres : tellea ment que tout le monde pourra eroire qu'ils sont (( nos Yrays et légitimes enfans , veu qu'eneores j'ay (r en moy quelques forces assez vigoureuses y et les « apparences de mon corps suffisantes pour faire pa- « roir qu'ils sont miens, n
Je vous laisse à penser si cette belle jeune femme :fut aise d'avoir cette agréable^ jolie petite remons- Irance, et licence de jouir de cette plaisante liberté^ qu'elle pratiqua si bien^ qu'en un rien elle peupla la maison de deux ou trois beaux petits enfants^ où le mary^ parce qu'il la touchoit quelquesfois et couchoit avec elle, y pensoit avoir part, et le croyoit, et le monde et tout; et, par ainsi ^ le mary et la femme furent très-contens^ et eurent belle famille.
Yoicy une autre sorte de cocus qui se fait par une plaisante opinion qu'ont aucunes femmes ; c'est à sçavoir qu il n'y a rien plus beau, ny plus licite, ny plus recommandable que la charité, disant qu'elle ne s'estend pas seulement à donner aux pauvres qui ont besoin d'estre secourus et assistez des biens et moyens des riches, mais aussi d'ayder à esteindre le feu aux pauvres amans langoureux que l'on voit brasier d'un feu d'amour ardent : <c car, disent-elles, qudle chose ff peut-il estre plus charitable, que de rendre la vie a à un que l'on void se mourir, et raffraischir du « tout celuy qu'on voit se brusler ainsi? » Comme dit ce brave palladin, le seigneur de Montauban,