Scaldatives j échaufiantes
de ces joletz ^ et petits oooqg, qu'en Thy ver des grands ooeqa, n'estans si bons et %i propres qa? 1^ petite^ qui sont chauds, ardants et plus gaillards que le« au^ très. Voilà une^ entr'autres^ des bon(si plaisirs et copmoditei; que l'esté rapporte pour lamour.
Et de ces pastex aiusi composez de meuUssùlles' de ces petits cocqs et culs d'artiobauii et trufles^ ou au^ très friandises chaudes^ en usent souvent quelques dames que j^ay ouy dire; lesquelles, quand ellos eu mangent et y pescbent, mettant la main dedans ou avec les fourchettes, et en rapportant et remettant en la bouche ou l'artichault, ou la trufle au la pistache, ou la creste de cocq, ou autre morceau^ elles disent avec une tristesse morne : ^langue; et quand elles
rencontrent les gentils c de cocq^ et les mettent
sous la dent^ elles disent d'une ailégrese : bénéfice; ainsi qu'on fait à la blanque en Italie , et comme si elles avoyent rentré et gaigné quelque joyau trèsprécieux et riche.
Elles en ont eette obligation à messieurs les petits oocqs et joUeta, que l'esté produit avec la moitié de l'automne pourtant^ que j'entremesle avec l'esté, qui nous donnent force autres fruits et petites volatilles qui sont cent fois plus chaudes que celles de l'hyver et de l'autre moitié de l'automne prochaine et voisine de l'hyver^ qui^ bien qu'on les puisse §t doive joindre ensemble^ si n'y peut-on recueillir si bien tous qes bons simples en leur vigueur^ ny autres choses comme en la saison chaude^ encore que l'hyver s'efforce de produire ce qu'il peut, comm^ les bonnes
1 . Joletj espèce de petit coq. — 2. Menusailles^ choses menues.
cardes qui engendrent bien de la bonne chaleur et de la concupiscence, soyent crues ou cuites^ jusques aux petits chardon^ chauds, dont les asnes vivftnt et en baudouînent mieux , que Testé rend durs, et l'hyver les rend tendres et délicats, dont l'on en fait de fort bonnes salades nouvellement inventées, ft putre tout cela, l'on fait tant d'autres recherche^ de bonnes drogues chez le^ apoticaires, drogueur^ et par^-* meurs, que rien n'y est oublié, soit pour ces pactes, soit pour les bouillons. Et ne trouve-1'on à dirci gttières de leur chaleur en l'hyver par pe moyen et entretenement, tant qu'elle^ peuvent; « car, disentfc elles , puisque nous sommes curieuses de tenir c chaud l'extérieur de nostre corps par des habits « pesants et bonnes fqurrures, pourqnoy n'en ferons- « nous de mesnies à l'intérieur? i» Les hommes disent aussi : c Et de quoy leur sert-il d*adjouter chaleur » sur chaleur, comme soye sur soye, contre la Prag-r c maticque, et que d'elles-mesmes elles sont assez c chaleureuses, et qu'à toute heure qu'on les veut € assaillir elles sont tousjours prestes de leur naturel, « sans y apporter aucun artifice? Qu'y feriezfvous? « Possible qu elles craignent que leur sang phaud et c bouillant se perde et se resserre dans les veines, et m devîène froid et glacé si on ne l'entretient, ny plus « ny moins que celuy d'un hermite qui ne vit que < de racines. »
Or laissons-les faire : cela est bon pour 1^ bons compagnons; car, elles estant en si fréquente ardeur, le moindre assault d'amour qu'on leur donne, les voilà prises, et messieurs les pauvres marys cocus et cornus comme satyres. Enoor font-elles mieux, les
honnestes dames! elles font quelquesfois part de leurs bons pastez, bouillons et potages à leurs amants par miséricorde^ afin d'estre plus braves et n'estre atténués par trop quand ce vient à la besogne , et pour s'en ressentir mieux et prévaloir plus abondamment; et leur en donnent aussi des receptes pour en faire faire en leur cuisine à part : dont aucuns y sont bien trompez ainsi que j'ay ouy parler d'un gallant gentilhomme^ qui^ ayant ainsi pris son bouillon et venant tout gaillard aborder sa maistresse , la menaça qu'il la meneroit beau et qu'il avoit pris son bouillon et mangé son pasté. Elle luy respondit : « Vous ne « me ferez que la raison ; encor ne sçay-je : » et s'estans embrassez et investis , ces friandises ne luy servirent que pour deux opérations de deux coups seulement. Sur quoy elle luy dit , ou que son cuisini^^ l'a voit mal servy, ou y avoit espargné des drogues ^^ compositions qu'il y falloit^ ou qu'il n'avoit pas p«rris tous ses préparatifs pour la grand' médecine, c:::^^ que son corps pour lors estoit mal disposé pour ^^ prendre et la rendre : et ainsi elle se moqua de luy
Tous simples pourtant^ toutes drogues, toutes via ^ des et médecines, ne sont propres à tous; aux ui elles opèrent, aux autres, blanque. Encor ay-je ve des femmes qui, mangeant ces viandes chaudes, qu'on leur en faisoit la guerre que par ce moyen pourroit avoir du desbordement ou de Textraor naire ou avec le mary ou Tamant, ou avec quelqi-^' pollution nocturne, elles disoyent, juroyent et affe:-^ moyent que, pour tel manger, la tentation ne leu^ en survenoit en aucune manière. Et Dieu sçait! falloit qu'elles fissent ainsi des rusées.
Or, les dames qui tiennent le party de l'hyver disent que pour les bouillons et mangers ehauds , elles en sçavent assez de receptes d'en faire d'aussi bons l'hyver qu'aux autres saisons. Elles en font assez d'expériences ; et pour faire l'amour le disent aussi très-propre; car, tout ainsi que Thyver est sombre^ ténébreux, quiète, coy, retiré de compagnies et caché , ainsi faut que soit- l'amour, et qu'il soit fait en cachette, en lieu retiré et obscur, soit en un cabinet à part, ou en un coin de cheminée près d'un bon feu qui engendre bien , s'y tenant de près et longtemps, autant de chaleur vénéricq que le soleil d'esté.
Comme aussi fait-il bon en la ruelle d'un lict sombre, que les yeux des autres personnes, cependant qu'elles sont près du feu à se chaufer, pénètrent fort malaisément, ou assises, sur des cofires et licts à l'escart , faisant aussi l'amour, ou les voyant se tenir prests les unes des autres , et pensant que ce soit à cause du froid, et se tenir plus chaudement; cependant font de bonnes choses, les flambeaux à part bien loin reculez, ou sur la table, ou sur le buffet.
De plus, qui est meilleur quand l'on est dans le lict? c'est tous les plaisirs du monde aux amants et amantes de s'entr'embrasser et s'entre-joindre, s'entre-serrer et se baiser, s'entre-trousser l'un sur l'autre de peur du froid, non pour un peu mais pour un longtemps, et s'entre-chauffer doucement, sans se sentir nullement du chaud démesuré que produit l'esté, et d'une sueur extresme qui incommode grandement le déduit de l'amour; car, au lieu de s'entretenir près , et se resserrer et se mettre à l'estroit il se faut tenir au large et fort à l'escart, et qui est le
Sâé DBS DAMES.
meilleur^ disent les darnes^ par Tadvis des médecins : les hommes sont plus propres , ardants et déduits à cela Phyver qu'en Testé.
J*ay cogneu d'autres fois une très-grande princesse, qui avoit un très-grand esprit et parloit et escrivoit des mieux K Elle se mit un jour à faire des stances à la faveur et louange de rhyver, et sa propriété pour l'amour. Pensez qu'elle l'avoit trouvé pour elle trèsiavorable et traitable en cela. Elles estoyent trèsbien faites^ et les ay tenues long-temps en mon cabinet; et voudrois avoir donné beaucoup et les tenir pour les insérer ici : Ton y verroit et remarqueroit-on de grandes vertus de Thyver, propriétez et singularitez pour l'amour.
J'ay cogneu une très-grande dame, et des belles
du monde*, laquelle, veufve de frais, faisant sem^ '
blant ne vouloir, pour son nouveau habit et estât 9 aller les après soupées voir la cour, ny le bal, ny 1^--A^ coucher de la reine, et n'estre estimée trop mon^^c:^' daine, ne bougeoit de la chambre, laissoit aller 01^ ^^^^ renvoyoit un chacun ou une chacune à la danse, e^^ ^^ son fils et tout, et se retiroit en une ruelle; et là soK-^^^sDn amant, d'autres fois bien traitté, aymé et favoris-^^^-î^ d'elle estant en mariage, arrivoit; ou bien, ayanc^*:-^!^^ soupe avec elle, ne bougeoit, donnant le bonsoir ^^^ ^ un sien beau-frère, qui estoit de grand' garde; et IMT - 1^ traittoit et renouvelloit ses amours anciennes, et e:-^^ ^"