‹ Œuvre complètes (volume 2)Chapitre 74 sur 217 · Refaitte^ en bon état · texte numérisé non relu

Refaitte^ en bon état

A. Estiomenée^ mangée, rongée.

SS. Dénuée^ décharnée.

^. Probablement Aimenc de Rochechouart qui fut cvêque de Sif^C^ron de 1545 à loHi.

qui disoit le mot mieux qu'homme de la eouri^ ^^ en brocardant affermoit qu'il valloit mieux de couch*^.^rd)er avecques une ratouère * de fil d'archal qu'avec elK^ j/eet^ comme dist aussi un honneste gentilhomme de courte auquel nous faisions la guerre qu'il avoit faire avec une dame assez grande : « Vous vous troi « pez, dit-ily car j'ayme trop la chair, et elle n'a q- « les os; » et pourtant à voir ces deux dames belles par leurs beaux visages^ on les eust juge pour des morceaux très-charnus et bien friands.

Un très-grand prince, de par le monde, vint ajcte fois à estre amoureux de deux belles dames tout. ^ coup*, ainsi que cela. arrive souvent aux grands, (j^^^ ayment les variétez. L'une estoit fort blanche, ^^ lautre brunette , mais toutes deux très-belles et fo^^^ aymables. Ainsi qu'il venoit un jour de voir la brt^' nette, la blanche jalouze luy dit : « Vous venez ^-^ <( voiler pour corneille, » A quoi luy respondit ^^ prince un peu irrité, et fasché de ce mot : m Et quax^ ~ ce je suis avec vous, pour qui vollè-je?» La dant^^ respondit : « Pour un phénix. » Le prince, qui disc^ ^^ des mieux^ répliqua : a Mais dittes plustost pour l'o^^" « seau de paradis, là où il y a plus de plume que cï- ^ o chah*; » la taxant par là qu'elle estoit maigre a*^^" cunement : aussi esloit-elle fort jovanotte* pour est^r*^ grasse, [l'embonpoint] ne se logeant coustumièremei^^^^ que sur celles qui entrent dans l'aage, et qu'ell^^

i. Ratouère^ ratière.

2. Tout à coup^ ou comme Brantôme Técrit ailleurs, tota à^ ^^^ coup^ c'est-à-dire du même coup, en même temps.

3. /o('a/7or/e, jeunette; en espagnol yopeweto; en italien g^^^' vaneiia.

C30inmencent à se renforcer el fortifier de membres et autres choses.

Un gentilhomme la donna bonne à un grand seigneur que je sçay. Tous deux avoyent belles femmes. [Je grand seigneur trouva celle du gentilhomme fort jelle et bien advenante. Il luy dit un jour : « Un tel, c il feiut que je couche avec vostre femme. » I^ genilhomme, sans songer^ car il disoit très-bien le mot^ %xy respondit : a Je le veux, mais que je couche av^c c la vostre. » Le seigneur luy réplicqua : a Qu'en ac ferois-tu? car la mienne est si maigre, que tu n'y ^ prendrois nul goust. » Le gentilhomme respondit : ^ Ahl par Dieu! je la larderay si menu, que je la ^ rendray de bon goust. d

Il s*en voit tant d'autres que leurs visages poupins

et gentils font désirer leurs corps; mais quand on y

vient, on les trouve si descharnez, que le plaisir et

la tentation en sont bien tost passez. Entr'autres, l'on

y trouve l'os barré qu*on appelle, si sec et si des-

<^hamé, qu'il foule et masche^ plus tout nud que le

^*^st d'un mullet qu'il auroit sur luy. A quoy pour

^^ppléer, telles dames sont coustumières de s'ayder

^^ petits coissins bien mollets et délicats à soutenir

'^ coup et engarder de la mascheure; ainsi que j'ay

^^y parler d'aucunes, qui s'en sont aydées souvent,

^^ire des caliesons gentiment rembourrez et faits de

^tin, de sorte que les ignorans les venans à toucher,

'^ y trouvent rien que tout bon, et croyent fermement

*^c c'est leur embompoint naturel ; car, pardessus

^ satin, il y avoit des petits caliesons de toile volante

^. Mascher, broyer.

Î64 DBS DAMBS.

et blanche; si bien que l'amant^ donnant le coup

robbe, s'en alloit de sa dame si content et sati^i^^^^

qu'il la tenoit pour très^bonne robe.

D'autres y a-il encor qui sont de la peau fort mm^

léfîciées et marquetées comme marbre^ ou en œuvet^^b à la mosaïque^ tavellées^ comme faons de bisch^ ^ gratteleuses , et subjectes à enderses' farineuses ^^ss-t Êircineuses; bref, gastées tellement^ que la veue n*^^K3 est pas guières plaisante.

J'ay ouy parler d^une dame grande^ et l'ay cogneuL.*^ et cognois encores^ qui est pelue^ velue sur la poK.— tnne^ sur l'estomac^ sur les espaules et le long d^ l'eschine^ et à son bas^ comme un sauvage. Je vou-^ laisse à penser ce que veut dire cela. Si le proverl>^ est vray : que personne ainsi velue est riche ou Itx.— brique, celle-là a l'un et l'autre^ je vous en asseure ^ et s'en fait fort bien donner, se voir et désirer.

D'autres ont la chair d'oyson ou d'estourneau plix.mé^ harée*^ brodequinée^^ et plus noire qu'un beaK^ diable. D'autres sont opulentes en tétasses avalées ^^ pendantes plus que d'une vache allaittant son veatm* Je m'asseure que ce ne sont pas les beaux tétiiB^ d'Héleine, laquelle « voulant un jour présenter a»^ temple de Diane' une coupe gentille pour certain'

i. Tavelléès^ tachetées.

2. Enderse^ maladie de la peau. Suirant littré, on donne eiB^" core en Auvergne le nom à^anders à une maladie cutanée des veau'^'

Page 1