Avalées^ tombantes
6. Au temple de Minerve (et non de Diane) à Lindos^ dans ^ ^^^ de Rhodes.
DES DAMES. i6S
vœu y emf^yant ForfèTre pour la luy faire , luy en fit prendre le modelle sur Pun de ses beaux tétins; et en fit la coupe d'or blanc , qu^on ne sçauroit qu'admirer de plus, ou la coupe ou la ressemblance du tétin sur quoy il avoit pris le patron^ qui se monstroit si gentil et si poupin, que l'art en pouvoit feire désirer le naturel. Pline dit cecy par grand spéciautë^ où il traite qu'il y a de l'or blanc ^ Ce qui est fort estrange et que ceste coupe fust faitte d'or blanc.
Qui voudroit &ire des coupes d'or sur ces grandes tétasses que je dis et que je connois^ il feudroit bien fournir de l'or à monsieur l'orfèvre, et ne seroit après sans ooust et grand'risée^ quand on diroit : « VoUk des coupes Eûtes sur le modèle des tétins de « telles et telles dames. » Ces coupes ressembleroyent^ non pas coupes , mais de vrayes auges qu'on void , de boisy toutes rondes, dont on donne à manger aux poiut^eanx.
Et d'autres y a-il^ que le bout de leur tétin ressemble à une vray guine pourrie. D'autres y a-il^ pour descendre plus bas, qui ont le ventre si mal poly et ridé, qu'on les prendroit pour des vieilles gibessières ridées de sei^ens ou d'hostelliers; ce qui ^d^ient aux femmes qui ont eu des enfans, et qui ne ^^at esté bien secourues et graissées de graisse de X>alaine de leurs sages-femmes. Mais d autres y a-il, ^cii les ont aussi hesaix et polis, et le sein aussi follet^ eojanme si elles estoyent encor filles.
I>'autres il y en a^ pour venir encor plus bas^ qui
i , Voyez Pline, liv. XXXIII, chap. xxin.
ont leurs natures hideuses et peu agréables. Les un^r^ y ont le poil nullement frizé^ mais si long et pendaDt^^ que vous diriez que ce sont les moustaches d'ur^ Sarrazin; et pourtant n'en ostent jamais la toison, e^ se plaisent à la porter telle, d autant qu on dît : Ch& — minjonchu et c... velu sont fort propres pour cheçau — cher. J'ay ouy parler de quelqu'une très-grande quL les porte ainsi.
J'ay ouy parler d'une autre belle et honneste dam^* qui les avoit ainsi longues, qu'elle les entortilloiU avec des cordons ou rubans de soye cramoisie oic autre couleur, et se les frizonnoit ainsi comme des» frizons de perruques, et puis se les attachoit à se^ cuisses; et en tel estât quelquesfois se les présentoit^ à son marv et à son amant: ou bien se les destortoic^ de son ruban et cordon , si qu'elles paroissoyent fri — zonnées par après, et plus gentilles qu'elles n'eus — sent &it autrement.
Il y avoit bien là de la ciu*iosité et de. la paillar^ dise et tout; car, ne pouvant d'elle-mesme &ire eC^ suivre ses frisons, il falloit qu'une de ses femmes -^^ de ses plus favorites, la servist en cela : en quoy n^ peut estre autrement qu'il n'y ayt de la lubricité tcmtoutes façons qu'on la pourra imaginer.
Aucunes, au contraire, se plaisent le tenir et por- — tqr raz, conmie la barbe d'un prestre.
D'autres femmes y a-il, qui n'ont de poil point dt:* tout, ou peu, comme j'ay ouy parler d'une for^'^^ grande et belle dame que j'ay cogneue; ce qui n'es^^^ guières beau, et donne un mauvais soupçon : ain^^* qu'il y a des hommes qui n'ont que de petits boui^-" quets de barbe au menton, et n'en sont pas plus e^=s-
Limez de bon sang^ ainsi que sont les blanquets et blanquettes.
D'autres en ont l'entrée si grande, vague et large, qu'on la prendroit pour l'antre de la Sibille. J'en ay ouy parler d'aucunes, et bien grandes, qui les ont telles qu'une jument ne les a si amples, encore qu'elles s'aydent d'artifice le plus qu'elles peuvent pour estrécir la porte; mais, dans deux ou trois fréquentations , la mesme ouverture tourne : et , qui plus est , j'ay ouy dire que, quand bien on les arregarde le cas d'aucunes, il leur doyse' comme celuy d'une jument quand elle est en chaleur. L'on m'en a conté trois qui monstrent telle cloyse quand on y prend garde de les voir.
J'ay ouy parler d'une dame grande, belle et de qualité, à qui un de nos rois avoit imposé le nom de pan de c, tant il estoit large et grand, et non sans raison, car elle se l'est fait en son vivant souvent mesurer à plusieurs merciers et arpenteurs; et que tant plus elle s'estudioit le jour de l'estrécir, ia nuict en deux heures on le luy eslargissoit si bien, que ce qu'elle Êiisoit en une heure, on le défaisoit en l'autre, comme la toille de Pénéloppe. Enfin, elle en qmlta tous artifices, et en fut quitte pour faire élecùon des plus gros moules qu'elle pouvoit trouver.
Tel remède fut très-bon; ainsi que j'ay ouy dire d'une fort belle et honneste fille de la court, laquelle l'eut au contraire si petit et si estroit, qu'on en désespëroit à jamais le forcement du pucellage; mais,
f. Clqyse, ouvre. Je n'ai trouvé ce verbe que dans le Diction- ^re de Gotgrave , où il est donné sous la forme cloityr.
i68 DES DAMES.
par Tadvis de quelques médecins ou de sages-fen ou de ses amis ou amies^ elle en fit tenter le g\
f le forcement par des plus menus et petits me
puis vint aux moyens, puis aux grands, à mod talus que Ton fait, ainsi que Rabelais ordonr
^ murailles de Paris imprenables*; et puis, par te
sais les uns après les autres , s*accoustuma si b tous, que les plus grands ne luy faisoyent la
j; que les petits paradvant faisoyent si grande.
Une grande princesse estrangère, que j'ay cogi laquelle Tavoit si petit et estroict, quelle ayma n
i de n'en taster jamais que de se faire inciser, co
* les médecins le conseiUoyent. Grande vertu cerl
continence, et rare !
l D'autres en ont les labiés longues et pend
plus qu'une creste de coq d'Inde quand il est ei
] 1ère; comme j'ay ouy dire que plusieurs dames
non-seulement elles, mais aussi des filles. J'aji
l faire ce conte à feu M. de Randan : qu'une fois e
de bons compagnons à la court ensemble, co M. de Nemours , M. le vidame de Chartres , ] comte de la Roche', MM. de Montpezac, G Genlis et autres , ne sachans que faire , allèrent pisser les fiUes un jour, cela s'entend cachez ei et elles en haut. Il y en eut une qui pissa c terre : je ne la nomme point; et d'autant q plancher estoit de tables ^y elle avoit ses lendil grandes, qu'elles passèrent par la fente des tah
i. Voyez Pantagruel^ liv. II, chap. vii.