TarrottéeSy marquées de tares
9. Louventines, c est-à-dire rongées par certains ulcères auxquels on donnait vulgairement le nom de loup.
coup; à mode de nos soldats des bandes auxquels à la monstre les commissaires et trésoriers font perdre de douze mois de l'an plus de quatre^ en leur faisant monter les mois jusques à quarante jours et cinquante jours , ai que les douze mois de 1 an ne leur revienent pas à huict. Ainsi s'en trouvent les marys et amants qui telles femmes ont et servent, si ce n'est que , du tout pour assoupir leur paillardise , se veulent souiller vilainement, sans aucun respect d'impudicité ; et leurs enfants qui en sortent s'en trou* vent mal et s'en ressentent.
Si j'en voulois raconter d'autres, je n'aurois jamais fait^ et aussi que les discours en seroyent trop sallauds et desplaisants; et ce que j'en dis et dirois, ce ne seroit des femmes petites et communes^ mais des grandes et moyennes dames, qui de leurs visages beaux font mourir le monde, et point le couvert.
Si feray-je encor ce petit compte, qui est plaisant, d'un gentilhomme qu'il me le fit, qui est : qu'en couchant avec une fort belle dame, et d'estoffe, en faisant sa besogne il luy trouva en cette partie quelques poils si piqilans et si aigus, qu'avec toutes les incommoditez il la put achever, tant cela le piquoit et le fiçonnoit *. Enfin, ayant fait, il voulut taster avec la main : il trouva qu'alentour de sa motte il y avoit une demi-douzaine de certains fils garnis de ces poils si aigus, longs, roides et picquants, qu'ils en eussent servy aux cordonniers à faire des rivets comme de ceux de pourceaux, et les voulut voir; ce que la dame luy pennit avec grande difficulté; et trouva que tels
i, FtçoMer, piquer.
fils entournoient la pièce ny plus ny moins que vous.; voyez une médaille entoumée de quelques diamant et rubis, pour servir et mettre en enseigne en unEiMi) ehappeau ou au bonnet.
U n'y a pas long-temps qu'en une certaine contrrf^ Jç de Guyenne, une damoiselle mariée^ de fort boi lieu et bonne part^ ainsi qu'elle advisoit estudier enfants^ leur précepteur^ par une certaine manie <*°— f frénésie, ou^ possible, pour rage d'amour qui luy vii^Bt soudain^ il prit une espée qui estoit de son mary i le lict^ et luy en donna si bien, qu'il luy perça deux cuisses et les deux labiés de sa nature de pan en part; dont despuis elle en cuida mourir^ sans secours d'un bon chirurgien. Son cas pouvoit bie dire qu'il avoit esté en deux diverses guerres et att^s^* que fort diversement. Je crois que la veue amprèsn'^^^ estoit guières plaisante^ pour estre ainsi ballafré ^^f ses aisles ainsi brisées : je les dis aisles^ parce que 1 Grecs appellent ces labiés himenwa; les Latins nomment alsB^ et les François labiés, lèvres^ lendroKS^^ landilles et autres mots : mais je trouve qu'à \>€>tM droit les Latins les appellent aisles; car il n'y a animal ny oiseau^ soit-il faucon, niais ou sot^ c$»DiDe celui de nos fillaudes, soit-il de passage, ou hagard; ou bien dressé, de nos femmes mariées ou veuf^es, qui aille mieux ny ayt l'aisle si viste.
Je le puis appeler aussi animal avec Rabelais, d'autant qu'il s'esmeut de soy-mesme; et, soit à le toucher ou à le voir, on le sent et le void s'esmouvoir et remuer de luy-mesme, quand il est en appétit. ' ■ ^
D'autres, de peur de rhumes et cathères, se cou-
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vrent 4ans le lict de couvre-chefs alentour de la leste, par Dieu^ plus que sorcières : au partir de là, bien habillées, elles sont saffrettes ' comme poupines, et d'autres fardées et pintrées* comme images, belles au jour, et la nuict dépeintes et très-laides.
Il faudroit visiter telles dames avant les aymer, espouser et en jouir, ainsi que faisoit Octave César • ; car avec ses amis qui faisoit despouiller aucunes grandes dames et matrosnes romaines, voire des vierges meures d'aage, et les visitoyent d'un bout à l'autre, comme si ce fussent esclaves et serves vendues par un certain maquignon [en faisant trafic], nommé Torane; et selon qu'il les trouvoit à son gré et son point, ny tarées, il en jouissoit.
De mesme en font les Turcs en leur basestan^ en Constantinople et autres grandes villes, quand ilz aeheptent des esclaves de l'un et Tautre sexe.
Or je n'en parleray plus; encor pensé-je en avoir trop dit; et voilà comment nous sommes bien trompez en beaucoup de veues que nous pensons . et croyons très-belles. Mais , si nous y sommes en aucunes dames déceus, nous y sommes bien autant éditez et satis&its en d'aucunes autres, lesquelles sont si belles, si nettes, propres, fraisches, caillées, si amiables et si en bon point , bref, si accomplies en toutes parties du corps, qu'après elles loutes veues mondaines sont chétives et vaines: dont il v a des