‹ Œuvre complètes (volume 2)Chapitre 84 sur 217 · ServiMe^ digne d'être servie · texte numérisé non relu

ServiMe^ digne d'être servie

chemise se couchoient et s'esbattoyent sur le tap' js

velu qui estoit au près du lict, affîn d'éviter la cl leur du lict^ et pour mieux en prendre le frais; c'estoit aux plus grandes chaleurs; ainsi que j's^^j cogneu aussi un très -grand prince qui prenoit (K^e mesme son déduit avec sa femme y qui estoit la pitiés belle femme du monde ^ afïin d'éviter le chaud qi^e produisoient les grandes chaleurs de l'esté^ amsi qL:^e luy-me»ne disoit.

Cette princesse donc, ayant veu et apperceu le tout ^ de dépit s'en mit à plorer^ gémir^ souspirer et attrister, luy semblant^ et aussi le disant^ que son mary ne luy rendoit le semblable , et ne faisoit Ie$ folies qu'elle luy avoit veu faire avec l'autre.

L'autre dame qui l'accompagnoit se mit à la consoler et luy remonstrer pourquoy elle s'attristoit ainsi ^ ou bien, puisqu'elle avoit esté si curieuse de voir telles choses, qu'il n'en falloit pas espérer de moin^- La princesse ne respondit autre chose, sinon : « Hëla^^ a ouy ! j ay voulu voir chose que je ne devois avoi^ a voulu vdir , puisque la veue m'en fait mal. ^ Toutesfois , après s'estre consolée et résolue , elle a^ s'en soucia plus, et, le plus quelle pût, continua (^ passe-temps de veue, et le convertit en risée, et^ possible, en autre chose.

J'ay ouy parler d'une grand' dame de par l^ monde, mais grandissime, qui, ne se contentant de sa lasciveté naturelle, car elle estoit grand' putain, et maryée et veufve, aussi estoit-elle fort belle, pour se provoquer et exciter davantage, elle Êdsoit despouil- 1er ses dames et filles, je dys les plus belles, et se délicatoit fort à les voir; et puis elle les battoit du plat

de la main sur les fesses avec de grandes claquades et plamussades '^ tapes assez rudes, et les filles qui avoyent délinqué quelque chose , avec de bonnes verges; et alors son contentement estoit de les voir remuer et faire les mouvemens et tordions de leur 5orps et fesses, lesquelles, selon les coups qu'elles reîevoyent, en monstroyent de bien estranges et plaidants.

Aucunes fois, sans les despouiller, les faisoit trousser en robe (car pour lors elles ne portoyent point de calsons), et les claquetoit et fouettoit sur les fesses, 0^1on le sujet qu'elles luy donnoyent, ou pour les Isaûre rire, ou pour plorer. Et, sur ces visions et contemplations, y aiguisoit si bien ses appétits^ qu'après elle les alloit passer bien souvent à bon escient avecque quelque gallant homme bien fort et robuste. Quelle humeur de femme! Si bien qu'on dit qu'ayant une fois veu par la fenestre de son chasteau qtnvisoit sur la rue, un grand cordonnier, estrang^ment proportionné, pisser contre la muraille dudict chasteau, elle eut envie d'une si belle et grande pro- PWion ; et de peur de gaster son fruit pour son en- ^^; elle luy manda par un page de la venir trouver ^ Une allée secrète de son parc, où elle s^estoit re- ^*^e, et là elle se prostitua à luy en condition* ^'elle en engroissa. Voilà ce que servit la veue à celte dame.

£t de plus, j'ay ouy dire qu'outre ses femmes et

i. Plamussade^ plamusse, tape.

2. Dapny a biffé ce mot qu'il a remplacé par ceux-ci : telle fâçon.

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filles ordinaires qui estx)yent à sa suitte, les estrar^. gères qui la venoyent voir^ dans les deux ou trois jours, ou toutes les fois qu'elles y venoyent, elle Igs apprivoisoit aussitost à ce jeu, feisant monstrer aux siennes premièrement le diemin, et aller devant elles, et les autres après; si bien qu'elles estoyent estoonées de ce jeu les unes, et les autres non. Yrayment, voilà un plaisant exercice !

J'ay ouy parler d'un grand aussi qui prcnoit plaisir de voir ainsi sa femme nue ou habillée ^ et la fouetter de claquades, et la voir manier * de son corps. J'ay ouy dire à une honneste dame, qu'estant fille, sa mère la fouettoit tous les jours deux fois, non pour avoir forfait, mais parce qu'elle pensoit qu'elle prenoit plaisir à la voir ainsi remuer les fesses et le corps, pour autant en prendre d'appétit ailleurs : et tant plus elle alla siir l'aage de quatorze ans, elle persista et s'y acharna de telle façon, qu'à mode qu'elle U(^ costoit elle la contemploit encor plus. 1

J'ay bien ouy dire pis d'un grand seigneur ^ prince, il y a plus de quatre-vingts ans, qu'avant qu'aller habiter avec sa femme se Êiisoit fouetter, n^ pouvant s'esmouvoir ny relever sa nature baissanter sans ce sot remède. Je désiferois volontiers qu un médecin excellent m'en dit la raison.

Ce grand personnage, Picus Mirandula*, raooorile* avoir veu un certain gallant en son temps, qui, d aii-

i . Manier^ remuer.

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