‹ Œuvre complètes (volume 2)Chapitre 89 sur 217 · Voyez la Nouvelle LVII · texte numérisé non relu

Voyez la Nouvelle LVII

310 DBS DAMES.

estant sur la mer avec une très-grande dame des plus belles du monde', qui, voyageant par son pays, et d'autant que ses femmes estoyent malades de la marette*, et par ce très-mal disposées pour la servir, le bonheur fut pour luy qu'il fallut qu'il la couchast et levast; mais en la couchant et levant, la chaussant et deschaussant, il en devint si amoureux qu'il s'en cuida désespérer, encor qu'elle luy fust proche : comme certes la tentation en est par trop extresme, et il n'y a nul si mortifié qui ne s'en esmeut.

Nous lisons de la femme de Néron, Popea Sabina, qui estoit la plus favorite des siennes, laquelle, outre qu'elle fust la plus profuse ' en toutes sortes de superfluitez, d'ornemens, de parures, de pompes et de ses coustemens* d'habits, elle portoit des escarpins et pianelles " toutes d'or. Cette curiosité ne tendoit pas pour cacher son pied ny sa jambe à Néron, son cocu de mary : luy seul n'en avoit pas tout le plaisir ny la veue ; il y en avoit bien d'autres. Elle pouvoit bien avoir cette curiosité pour elle, puisqu'elle faisoit ferrer les pieds de ses juments, qui traisnoyent son coche, de fers d'ai^ent*.

i . 11 s*agit sans aucun doute de Marie Stuart retournant en Soofse (1561) et de l'un de ses trois oncles qui raccompagnèrent : le grand prieur François de Lorraine, Claude duc d*Aumale, et René marquis d'Elbeuf.

2. Marette, mouvement de la mer; en italien ntéveUa et en espagnol mareta,

3 . Profuse ^ excessive, profusa, — 4 . Coustemens^ coûts, dépenses.

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