Henri III
pointes et paroles d'amour^ luy en fit un jour entendre sa volonté plus au long, par un honneste et trèshalHle gealilhoiimie que je sçay, qui, luy portant le petit poulet^ se mit en son mieux dire pour la persuader de venir là. Eile^ qui n'estoit point sotte ^ se défendit le mieux qu'elle put, par forée belles raisons qu'elle sceut bien alléguer^ sans oublier surtout le grande ou, pour mieux dire^ le petit point d'honneur. Somme, le gentilhomme, après forœ contestations, luy demanda, pour fin , ce qu'elle vouloit qu'il dist aa roy. Elle, ayant un peu songé, tout à coup, comme d'une désespérade, profiëra ces mots : « Que vous « luy direz? dit-elle; autre chose sinon, que je sçay « bien qu'un refus ne Ait jamais prof&table à celuy ff ou à celle qui le fait à son roy ou à son souverain, s et que bien souvant^ usant de sa puissance, il sçait ce plustost prendre et.commander que de requérir et « prier, d Le gentilhomme, se contentant de cette response, la porte aussitost au roy, qui prit l'occasion par le poil et va trouver la dame en sa chambre, laquelle, sans trop grand effort de lutte, fut abattue. Cette réponse Ait d'esprit, et d'envie d'avoir à faire à son roy. Encor qu'on die qu'il^ ne fait pas bon se jouer ny avoir à faire avec son roy, il s'en £siut ce point, dont on ne s'en trouve jamais mal, si la femme s'y conduit sagement et constamment.
Pour reprendre cette Julia, marastre de cet empereur, il falloit bien qu'elle fust putain , d'aymer et prendre à mary celuy sur le sein de laquelle, quelque temps avant, il luy avoit tué son propre fils*; elle