Motifs, cause» auteur
BAATHÉLEMT D'ALVIANO. 195
le traisnant les uns les autres à qui Tauroit, fut enfin jette dans un fossé plein d'eau, de despit, et là se noya^ C'est un inconvénient qui arrive de pareilz souvant aux guerres à force honnestes gens, ainsi pris et débatuz pour pareille altercation à qui laura, comme j'en parle ailleurs.
Ledict seigneur Alviano pourtant ne perdit pas cœur pour tel malheur arrivé ; mais, conune Tayant remis et restauré mieux que jamais, il se remet en campaigne et mieux que jamais guerroyé et fattigue ses ennemis par rencontres, combatz, courses et surprises et mesmes en une où il cuyda attrapper ce grand marquis de Pescayre, par une grande et longue cavalcade qu'il fit un jour ; car force de ses capitaines espaignolz le voyant fort loing d'eux, mesprisans leur garde, ne la faisoient qu'à demy : sans que le marquis, (fust ou qu'il se doubtast de cet homme turbulant et jamais oysif, ou qu'un bon démon l'en advisast), fit ce soir renforcer ses gardes, redoubler ses sentinelles ; si bien que, sans telle prévoyance, ledict Barthélémy l'attrappoit et luy enlevoit son logis, à sa grande honte et grande perte de ses gens. Et oncques puis (dist l'bistoire espaignolle') ledict marquis ne faillit de commander à ses capitaines faire tousjours leurs gardes aussi sarrées, estroictes et renforcées comme s'ilz eussent Tennemy en teste, en queue ou à costé. Je vous laisse donc à penser si ledict Barthélémy eust despit d'avoir failly son coup, car il estoit très assuré, sans ce bon ordre et prévoyance dudict marquis.
i . P. Jove (liv. Xn), dit qu'il fat étranglé par un yalet d'armée. Cf. Vallès, f 27 y«, et Guichardin, liv. XI.