Doubte y crainte, hésitation
3. Ce discours sur les sauf- conduits, s'il a jamais été fait, ne figure point dans la vie de M. de Nemours telle qu'elle a été imprimée.
216 GBAIVDS CAPITAmES ESTRAIfGERS.
Titeurs donnent. Et se doivent reigler à un traict que fit le duc Esforce*, le dernier duc de Milan, lequel, banny de son estât et reffugié à Venize, obtint par le moyen du pape*, des Vénitiens et autres de ses amis, un saufconduict de Tempereur pour le venir trouver à Bouloigne à son couronnement, sans se fier à aucun que luy eust peu donner Anthoine de Lève, pour lors gouverneur de Testât, ou autres de ses capitaines. Et ainsi qu'il fist la révërance à Sa Magesté, il tira son saufconduict de sa poche; et le luy présentant, il luy dict: «Caesarée Magesté, voylà mon saufconduict qu'il a vous a pieu me donner pour venir à vous et me jetce ter à vos piedz pour vous rendre conte de mon ce innocence. Lors que je vous le demanday^cen'estoit <x point pour aucune meffîance que j'eusse de vous et a de vostre généreuse bonté, vertu et miséricorde; « mais je me deffiois de vos capitaines et généraux qui « m'ont faict tant de tort, et m'en eussent faict de <K mesmes, m'estant mis en chemin sans vostre seurté, a bien qu'ilz me vouloient donner la leur; mais j*ay <K eu plus de fiance en la vostre. Ast*heure que je suis <K près de vostre personne et très Impériale Magesté, « je ne crains rien et n'ay besoing plus de saufcona duict; et pour ce je le vous rendz, me tenant en « toute franchise estant près de vous*. » L'empereur trouva ce traict fort beau, et l'en ayma d'advantage, et luy remit sa duché, qu'il ne garda guières; car il mourut tost après, comme j'ay dict ailleurs; et si fist
i. François- Marie Sforce. Voyez tome I, p. i79.