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Sénateur^ magistrat

232 GRAIVDS CAPITAINES ESTRANGERS.

France aussi, et pour luy estre donné du roy pour adjoinct et comme des premiers de la patrie^ ; et pour ce luy dëféroit fort. Enfin, après quelques légères exécutions de justice, les choses se passarent doucement avec force pardons '• J'ay veu le portraict de ce bon prince* entre les mains de madamoyselle d'Atrie, aujourd'huy madame la contesse de Chasteau-Villain^ sa petite-fille, de la noble maison d'Àqua-Viva, et des grandes du réaume de Naples, et peux dire de ceste très honneste princesse qu'elle a esté Tune des sages, vertueuses, belles et bonnes filles de la court, et a continué ainsi, etmaryée et vefve qu'elle est aujourd'huy. Par ce portraict, elle ressembloit fort à M. son grand père, qui, par son portraict aussi, se monstroit un très beau et honnorable vieillard, et qui avecsa grand'*barbe blanche on Teust bien pris et jugé tousjours pour un grand et sage capitaine*. J'ay ouv dire à une grand'dame de la court de ces temps que le roy François en faisoit un grand cas, et ne le traicta point en estranger ny reffugié, mais en naturel françois : ce qui se devoit faire, tant pour la charité et son honneur

i . Far, Il y a dans Périgueux force gens vieux qui prient Dicû pour Tàme de ce prince, pour ne les avoir traittez si cruellement qu'ils le méritoient (Ms. 6694, f« 185).

2. Voyez, sur cette insurrection de la Guienne, diverses pièces dans le ms. 775 de la collection Dupuy.

3. 11 existe un crayon du seizième siècle, représentant le prince de Melphe, dans la collection de portraits qui a appartenu à la bibliothèque Sainte-Geneviève et qui est actuellement au cabinet des estampes de la Bibliothèque impériale.

4. Far. Et homme de bien, tant la bonté et magnanimité estoient bien représentez à son visage et ce qu'il avoit dans i'àme. J'ay ouy dire.... (Ms. 6694, f 185 r».)

que pour mieux attirer à soy les autres estraugers; ainsi que fit ce grand sultan Soliman, duquel j'ay leu un traict noble (parmy ses autres beaux) dans une lettre imprimée qu'escrivoit un providadour' de Cataro à M. Bembo% où il dist que Ullaman Bassa avoit esté adjourné de comparestre à la porte du Grand- Seigneur pour raison de plusieurs accusations faibtes contre luy, à cause de quelques exations, pilleries et concussions exercées par luy au pays de Scutary; et n'est doubte (dict la lettre) qu'il ne l'eust faict mourir très cruellement, n'eust esté qu'il estoit Persan, et que pour luy faire service il avoit quicté son pays, ses moyens et son prince, et s' estoit révolté du grand Sofly ; d'autant que les grandz sultans ( dict la lettre ) ont pris en coustume de faire grand conte de ceux qui renoncent à leur patrie et à leur prince, et se retirent vers eux; et que, pour grandes fautes qu^ilz commettent, pourveu que ce ne soit contre Testât ny contre la personne, ilz ne les punissent, ains, dissimulantz sagement l'affaire, font semblant de n'en tenir conte, affin d'encourager les autres à faire le semblable et de se révolter. Voylà comment ce prince mahommétan apprend la leçon aux princes chrestiens en cela ; ainsi que nostre roy François fit à ce prince de Melfe et à tous autres estrangers se retirons vers luy.

é , Providadour y provéditenr.

2. Ceci est tiré d'une lettre de J. M. Bembo, rectenr et provéditenr de Cattaro, au cardinal Bembo. Elle est datée du 24 no- Teinbre i539, et Brantôme a presque textuellement copié la traduction de Belleforest. Voyez Epistres des princes recueillies et italien par Eyéronjme Ruscelliy et mises en français par F. de Belle foresty Paris, 1572, in-4S ^^ ^36 ▼•.

23<i GRANDS CAPITAINES ESTRANGERS.

blasmant Tempereur Charles, qu'il sçavoit (disoit-il) très bien desbaucher, pour s'en servir, les pauvres e»trangers, mais après les avoir, enchouez' comme un pauvre navire dans la vase et s'en estre servy, il n'en faisoit plus de conte : comm' il fit de M. de Bourbon (disoit-il), du duc de Savoye Charles, et du marquis de Salusse, qui, tous trois, furent malheureux et fort (atalz pour avoir pris son party*. J'en parie ail-

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