‹ Œuvre complètesChapitre 152 sur 267 · Enchouer^ échouer · texte numérisé non relu

Enchouer^ échouer

2. Far. ic Ainsi que fist Temperear Charles à M. de Bourbon, lequel il en receut ung très grand honneur en Hespaigne, ce dit*oo lày quand il le fut trouver, allant au devant de luy jusques par delà la porte de sa chambre, le fist asseoir près de li^j, visum utsu^ comme on dist, et toujours le fist tenir couvert. Mais ce n'estoit pas tout cela que demandoit M. de Bourbon, car il estoit assez grand de soy pour telz honneurs et respects luy estre defférez; mais il demandoit sa sœur pour espouse» qu il luy avoit pronûs, et puis la donna au roy f mais il s'excusa qu'il ne pouvoit disposer de sa sœur ni de sa vollonté en tel cas, qui aymoit mieux espouser le roy que le vassal. Mais, hors de cela, ne le comprist-il pas bien advant dans ce traitté de paix de Madrid, oh il le faisoit remettre dans tous ses biens et terres? Ne le fist-il pas son lieutenant gêné-* rai fsn Ytalie? Aussi le serdst-il bien, car i| luy aida fort à bastir sa bonne fortune.... De plus, comment a-il bien récompansé ses serviteurs, ambrassez et recuilliz après la mort de leur maistre, ne sachant oii aller, comme le Pelloux, qui se tenoit toujours fhri près de sa personne, et luy avoit donné bon appoinctement, k seigneur de Montlandon que l'empereur avoit donné à Son Altezze de Lorraine pour estre gouverneur de son filz , qui luy fust osté quand le roy Henry l'envoya en France, et y mistM. de la Bronsse en sa place, puis La Mothe des Nouiers , Lalière , Lursinge , le sieur de Guerres; et force autres, entre lesquelz il y a heu ung seigneur de la Capelle, de qui les siens sont mes voisins d*iine lieue, ets'apelle faChapelle-Montmoreau.... (Ms. 6694, i^ 189 v*). Suit un très-long passage, et en marge Brantôme a mis : « Je pense avoyr encor escrit cecy ailleurs au traité que je fays ton-

LE PRINCE DE MELFE. 2ÎI5

leurs ' . Et DODobstant il récompensa très bien les pauvres bannys serviteurs de M. de Bourbon, d'aucuns desquelz furent Le Peloux, Monbandon, La Hothe des Noyers, Lalière, Lursinge, Des Guerres^ La Cbappelle-Montmoreau, et les autres.

Encor ay-je ouy dire que le roy François disoit que, quand l'empereur seeut la mort de M. de Boiurbou, il ne le regreta guières, et dist que c'estoit une belle des* pesche pour luy, car, s'il fust eschappé victorieux de Romme, il se fust rendu si glorieux et grand, qu'il luy eust donné bien de l'affaire à le contenter; ou que, de luy-mesme, ayant les cartes en main , se fust contenté sur les terres et les biens dudict empereur : il n'en faut pas doubter.

Or , pour retourner encor à M. le prince de Melfe, il eut très juste occasion du roy de se contenter fort de luy, car, outre les biens qu'il luy fit, il le caressoit, luy portoit honneur, et luy faisoit très bonne chaire : ce que demande fort un pauvre estranger, et sur tout d'estre point desdaigné, mocqué, ny bafoué, car ce seroit pour le désespérer du tout, voire pour faire un coup de sa main.

Geste grande reyne de Navarre, Marguerite*, l'honnoroit fort et le plus souvant commandoit à sa dame d'honneur, qui estoit madame la séneschalle de Poictou, de la maison de Lude, et ma grand'mère, de le mener disner ou soupper avecqu'elle en sa seconde

chant les obligations que nous avons à noz bienfaicteurs. Il faut le Yoyr et le rayer en l*un ou Taatre endroict. • En effet, ce passage figure dans le Discours sur M. de La Noue.

i. Voyes tome I, p. 359.

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