Voyez tome I, p
S38 GRANDS GAPITAIRES ESTRAUGERS.
rut à la fin en Piedmont^ couronné de beaucoup de vertuz et de louanges, et fist place à M. de firissac, qui eut son gouvernement et sa mareschauteëe, et la moytié de ses gens d'armes pour faire les cent de mareschal; car il en avoit paradvant autres cinquante.
J'ay ouy dire que, quand il alla et fut en Piedmont, il dist qu'il voudroit avoir donné beaucoup de son vaillant, et qu'il eust peu conférer avec mondict sieur le prince deux jours advant sa mort, pour apprendre de luy beaucoup de belles instructions, à s'en servir en sa chargea M. Ludovic de Birague'^ et le président de Birague, despuis chancellier, luy dirent : a Mon- 9 sieur, il n'y a rien de perdu. Conférez et consultezflc vous souvant avec les bons capitaines qui^ faictz « de sa main, sont restez icy; ilz vous en enseigne- « ront et vous en diront prou. Mais si vous les desdai- « gnez et voulez faire tout de vostre teste, il vous en s ira mal. » Et de faict, il lescreust et s'en trouva très bien, comm'il a paru.
Ledict M. le prince laissa après luy son fils!^ qui fut abbé de Saint-Victor lès-Paris, abbeye de dix mille livres de rente, et puis évesque de Troye en Champai-
i . On prête le même mot à Condé allant prendre le commandement de Tannée d'Allemagne» après la mort de Tùrenne.
2. Louis de Birague, gouverneur de Santia en 1557. — René de Birague, né à Milan en 1507, émigra en France sous François i*^ et devint successivement conseiller, président, garde des scësitct (1570), chancelier, puis cardinal (1578), apràs la mort de sa femme. Il mourut en 1583.
3. Jean- Antoine Caraccioli, né à Melfi,niort à Chàteannêlir-siuv- Loire en 1569. Chanoine, puis abbé (1543) de Sidnt-Vittor , ^éque de Troye!> (1551), i| embrassa le protestandsme (1563) et se maria.
LE MARESGHAL D'ESTROKZB. f39
gne, et par après se Gt de la religion réformée ; contre qui je vis un jour^ aux premières ^erres^ M. le grand cardinal de Ferrare, Hypolite, se courroucer fort en la chambre de la reyne, non en sa présence S luy remonstrant sa faute, et s'il luy siedsoit ' bien de tenir une si grande dignité éclésiastiqtie, et en exercer la religion contraire. Il dist ses raisons fort bien, ne se rendit point, sans s'estonner, et que c'estoit Dieu qui Tavoit inspiré. Ce ne fut sans disputes; car ce prince évesque estoit fort sçavant.
Il fit Un bon service au roy et à Paris, lorsque l'empereur Tint en France*; car il fit et dressa tout à coup deux régimens, Tun d'escolliers^ et l'autre de moynes et religieux des plus propres à porter les armes ; dont il s'en trouva de dix à douze mille fort bied, qui les aguerrit si bien , qu'ilz aydarent d'en faire un bon corps de ville pour faire guerre et defferlce, de sorte que cela donna à songer à l'ennemy, avec M. le cardinal du Bellay^ qui estoit ud autre brave homme d'émise et de guerre et tout, voire bon capitaine. Assurez-vous qu'ilz eussent faict honte et peur^ avec d'autres gens aguerris, à l'empereur, s'il se fbst appro^ ché des murailles qu'il avoit tant menasse. C'est assez parlé de ce subject.
Encor que j'aye parlé de M. le mareschal d'Eâtrozze i^ maieschal au chapitre des couronnelz, si faut-il que j'en parle «^^^strozze*.