Mailler^ cheval qui porte la malle
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toDS en la rue, qui portoient de la farine : on les fit saisir par la justice ; mais le procez cousta plus que ne valloient les chevaux. Pour quant aux autres chevaux que M. le mareschal avoit, il les mena jusquesà Compienne, tant qu'ilz peurent aller, et demeurarent là outrez*? Si bien que Brusquet achepta bien le cheval de M. le mareschal par telle perte; et le tout se faisoit en riant jusqu'au rendre.
Un autre jour, Brusquet alla prier M. le mareschal d'accord, etqu'ilz fissent au moins trefves de ces jeux nuisans et d'importance, mais de légers et de nul mal, tant qu'on voudroit. Et pour ce, pour en boire vin de marché ', il le pria de vouloir venir un jour prendre son disner chez luy, et qu'il le traicteroit en roy; qu'il y conviast seullement une douzaine des gallans de la court, et qu'il leur fairoit une très bonne chère. M. le mareschal ne faillit au jour compromis , et y mena son convoy. Quand ilz furent arrivez, ilz trouvarent Brusquet fort empesché, qui vient au devant eux les bien recueillir, une serviette sur l'espauUe, mesmes faire le maistre-d'hostel. (c Or, lavez les mains, mes- (f sieurs (dist-il) , vous soyez les très bien venus. Je a vous vays quérir à manger n ; ce qu'il fit. Et, pour le premier service, il vous porta pour le moins, sans autre chose, une trentaine de pastez, qui petitz, qui moyens, qui grandz, qui, tous chaudz, sentoient très bon ; car il les avoit faictz faire bien à propos touchant la sauce du dedans, sans y avoir espargné ny espice, ny canelle, non pas mesmes du musq. Après qu'il
i . Outrés^ fatigaés aa-delà de leurs forces, fourbus. 2. C'est-à-dire pour boire en conclusion de leur marché.
iSO GRANQS C^PITADIKS ^m419GPRS.
eut £fssis ce premier metz, l^m* di$t : « Çfy^ messieurs, <ç mettez-yous k table, je vous yays q^^nr le reste; fc ^t cepeQdaift v^idez-woy ces plats pour faire pl^pe « aux au|:res. p Luy, estaqt liprs de la salle, prend sa çappe pi spp espée, ^t s'en va droict au Lpuvre advertîr le roy de son festin, et pomme il ayoit laisse ses gen$ bien pstqpnez ^ Tbeure qu'il parlqit. Or, dans ces pastez, aux uns il y avoi|: des vieilles pièces de vieux mors de |)rides, aux autres de vieilles sangles, aux aptf es |de vi^ux cpu^re-s^nglons, aux uqs de vieilles croupières, au^ autres de vieux poitralz, aux uns de vieil}es bpssettps^ aux aqtfes des vieilles tes|:ières, 4ux ups 4^ vieux pqmm^^U^ de selle, aux autres de vipux arçqns; bref, ce$ messieurs les postez estqient remplis fie Xo\i\ps yieillps p^uai}leries de ses cbevaux de poste, les uns en pe^itz morceaux et meuuzailles, le^ autçes pu grapdes pièces en forme de venaison. Quaud çp^ fUe^i^urs furent à table, qui avoiept tous grau4 f^O? et s'attendoiept à bien carier* leur ventre, tqus for| avidement se mirent à ouvrir ces pa^fez, qui fuaiQieii( bqu 9 ?t chaspun le sien comm' il youloit. Je vous laisse à penser s'ilz furent estonpez, quand ilz yûrent ceste l^nue viande si exquise. Encqr dict-on qu'il y en eut quelques UPS q^û ^P mirent quelques mqrceaux eif la bpucl^e de ces menuzailles, pensant que ce fusl quelques friandises; mais ilz les qst^en( bieu^Q^tet de cf^cber 1 Ënfiu, tous s'escriarent : « Voycy des tr£)ictz de Brusquetl » Mais pourtant espérqieqt tpusjPHfs qu'sfprès peste b^ye' W leur 4ônnerp}t de la l^pnpe
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viande. Cependant ilz demandent à boire , dont oq donna d'un vin le plus exquis qu'oi^ eust sceu trouver, dans de petitz yerres, en façon d'ypocras, qu'ilz MrQuyapfînt $i bon qu'ilz en demandoient à en boire un bon coup ; mais les serviteurs et postillons , qui tQus s^r voient à table avecque leurs huchetzS dirent qiie leur maistre ayoitfaict cela afin qu'ilz dissent quel ^stoit le meilleur e^ quel ilz vouloient, et qu'on en iroit quérir de celuy qu'ilz auroient choisy pour le meilleur. Cependant la compagnie cause et rit de ce traict ; et ne voyant venir Brusquet, M. le mareschal d^piande où i| estok. On luy dist que le roy l'avoit envoyé quérir à l'haste, et qu'il avoit passé la porte. Cependant la compagnie s'enquiert si l'on n'avoit point 4Utre$ choses : on leur fit responce qu'on pensoit que non. Si qu'ilz furent contrainctz de se lever de table et ^Uer à la cuysine, où ilz ne trouvarent âme vivante ,et le feu tout mort, et les landiers froidz comme ceux d'une pp^frairie. Ainsi fnessieurs se résolurent et furent çQutrainçtz de prendre leurs espées et cappes, et aller chercher leur disner ailleurs où ilz pourroient ; car il estoit plus de midy^ et mouroient de fain.
J'avois oublié que, quand ledict Brusquet porta ce prenûer service, il entra suivy de tous ses postillons, qu'il en avoit plus de trente d'ordinaire, sonnans leurs huchets, comme s'ilz eussent arrivez à la poste pour faire accQustrer les chevaux; et^ sonnans ainsi en mode de fanfare , entrarent en magnifficence. Lors aussi qu'il convia ]\I. le mareschal avec sa froupe , il lliy dist qu'il luy fairoit bonne chère et n'iroit point