‹ Œuvre complètesChapitre 164 sur 267 · Buye^ broc, pot · texte numérisé non relu

Buye^ broc, pot

y alla jurer la paix \ Ayant mené ledict Brusquet avec luy, lequel voyage ne luy fut nullement inutille, car il y gaigna beaucoup, et plaisanta si bien devant le roy d'Espaigne, qu'il le trouva fort plaisant bouflbn et à son gré; car il parloit assez bien l'italien et l'espaignol, et si y avoit fort bonne grâce bouffonnesque , plus quasi qu'en son parler françois. Et pour ce, le roy Philippe le prit en amitié et luy fit beaucoup de biens, desquelz ne se contentant encor, un jour d'un grand festin qu'il fit, où estoit madame de Lorraine', force dames et seigneurs qui estoient là tous conviez pour la sollempnité du jurement de la paix, ainsi qu'ion estoit sur la fin du fruict et qu'on vouloit desservir, il se vint eslancer sur la table, sans aucune appréhension de se blesser des cousteaux , et , prenant le bout de la nape, se vint à entortiller de ceste nape et se contournant tousjours d'un bout à l'autre, et amassant peu à peu les platz par une telle et si subtille industrie, qu'il en acumula et en arma son corps; que sortant à l'autre bout de la table il s'en trouva si chargé, qu'à grand peine pouvoit-il marcher; et ainsi chargé de son butin, passe la porte par le commandemant du roy, qui dist qu'on le laissast sortir; qui riant si extrêmement, et trouvant le traict bon, plaisant et industrieux, voulut qu'il eust le tout. Et qui fut un cas d'estonnement, c'est qu'il ne se blessa jamais des cousteaux qui s'entortillarent avec le reste. Aussi Dieu ayde aux folz et aux enfans.

i. De C&tean-Gambrésîs, en 1S59.

2. Claude de France, seconde fille de Henri n, femme de Charles n, duc de Lorraine.

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