Psaume cxxxvj, verset
4. Far. Et par ce moïen, voilà tout le royaume de Naples à luy
Le prince de Tarante* le vint là trouver et faire la révérence au mesme lieu et mesme assiette de son disner ; dont il s'estonna fort, le voyant là comme le moindre soldat des siens, et en loua fort sa valeur ; et après avoir fort parlé ensemble , le loua et Testima encor d'avantage. En cela il fist plus que le roy François, qui, après la prise de Milan, ne voulut entrer dans la ville jusqu'à ce que dom Pedro de Navarre eust pris le chasteau. Mais le roy Charles voulut se trouver luy-mesmes en personne à la prise de ces chasteaux; et après, il fist son entrée fort triomphante, vestu en habit impérial, d'un grand manteau d'escarlate avec son grand collet renversé, fourré de fines hermines mouchettées, tenant la pomme d'or ronde et orbiculaire (de tel mot use la chronique*) en sa
Jenienré paisible, puis faict son entrée en habit impérial, en forme et cérémonie pareille,y faict qaelque séjour aveq'force festes,pompes, triomphes, tournois, festins et masquarades, estant toujours des premiers et mieux faisans, puis s'en part, laissant son royaume nouveau paisible, aveq' la bonne grâce de tous les seigneurs et peuple; retourne quasi par mesme chemin qu'il estoit \enu, sçait nouvelles comme toute l'Italie a faict ligue contre luy pour l'engarder dépasser ou le prendre; est attendu au passage à Foumonve pour le defiayre, n'aiant que la moittié de son armée ; ne s'en estonne point (chose miraculeuse), se prépare à la bataille, choisit neuf preux pour estre près de sa personne et combattre prez de luy ; ce jour de sa propre main faict d'incroïables faictz d'armes, monté sur ung cheval qu'on appelloyt Savoye^ borgne, que le duc de Savoie lay avoit donné, lequel ce jour servist bien son maistre. Enfin il gaigne la bataille, pousse son chemin, repasse les montaignes... (Ms. 6694, f« H7, v».) Voyez la suite, p. 319.
i, Frédéric III, roi de Naples, oncle et successeur de Ferdinand II. Voy. tome I, p. 117, note 4. — Brantôme a suivi ici la chronique (XI, f° 213), citée dans la note suivante.