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2. Var. Et une infinité d'autres qui estoient là, en ung traité que j'ay leu dans cette vieille chronique ey dessus préalaguée, c'est que le roy estant hay de ses ennemis. (Ms. 6694, fol. 422, ▼•.)
3. Var. Et pour ce, falloit nécessayrement que tous donnassent à luy ou la plus grand* part et qu'ilz l'eussent mort ou \if, eux f stans ignorans et ne pouvans sçavoir ni par espions, ni autrement, quelles armes il avoit ce jour là, quelle casaque, dessus quel cheval, quelles bardes, bref, quel signal signalé sur luy dont il peut estre par dessus les autres remarqué , et mesmes quelle
LE ROY CHARLES Vm. 315
raporty toute la plus grande charge tumba sur luy comm' un foudre* ; dont bien luy servit de faire à beau jeu beau retour '. Je vous laisse donc à penser s'il y avoit raison de donner entrée dans Farinée, sur le point de combattre, à un tel gallant que celui-là, et si on ne le devoit pas chasser ou lui faire tirer. Je ne sçay où ces messieurs pouvoient avoir le sens et les yeux de commettre telle faute ' que nos plus petits capitaines d'aujourdliui ne feroient pas, mais de ces temps, nos anciens François estoient si francs et bonnaces qu'ilz peusoient tous autres leur estre semblables; et Dieu sçait ! n'avoient-ilz pas leu force histoires modernes de la féauté de telles gens? Or, d'autant que
place et champ de bataille il avoit choisi pour luy et quelles trouppes près de luy. Hz s'advisarent d'envoyer ung peu devant le commancement du combat ung héraut vers le roy, faignant luy dire aucune affayre. Le roy, qui ne craignoit rien ny n'apréhendoit aucun danger, le fist venir à luy, et y estant prez demanda fainctement un grand seigneur vénitien qu'ilz trouvoient à dire en leur camp et le pensoient pris en celuy du roy. Il luy fut aussitost permis le chercher par les trouppes. Cependant le héraut qui estoit habille, en faisant sa fainte retourna vers son camp, où il raporta quel acoutrement le roy avoit : quelles armes, quel heaume, quelle livrée, quel cheval, quelles bardes et quelle place il avoit choisie, si bien que.... (Ms. 6694, f» 122, v>.) i , Ceci est tiré de la Mer des chroniques^ f* 228, v«.
2. Far. Et que Dieu le tenoyt par la main. (Ms. 6694, f« 123,
3. Far. Je ne sçay où pouvoient avoir les yeux et le sens ces grands cappitaines par ung tel traict qui alloit mettre le roy et toutte l'armée en une totalle ruine. Noz cappitaines d'au-f jourd'huy, tant petitz soienl-ilz, ne feroient pas ces pas de clercz. Aussi noz anciens Françoys estoient si bons qu'ils avoient oppinion que tous leur fussent semblables. Or d'autant.... (Ms. 6694, fM23, r*.)
3i6 GRANDS CAPITAINES FRANÇOIS.
Jacques de Bergamo, au Supplément de ses Chroniques •, a mis par escrit Tharangue que le roy fît ce jour à ceux de son armée avant que commencer la charge, et qu'elle me semble très belle et gentille, j'ay ad visé de la mettre icy. Elle est donc telle sans la changer.
« Certes, très forts et très hardys chevaliers, jamais ce je n'eusse entrepris si grandes choses comme ce a voyage, n'eust esté la fiance que j'ay tousjours eue a en vostre vertu et prouesse, pareillement les soUici- « tations et promesses de Sforce, duc de Milan, lequel a nous eut bien gardé d'estre en nécessité de combattre (c s'il m'eust tenu sa foy ; mais, comm' ainsy soitquela (( nature des traistres se délecte plus en trahison qu'en « foy et vertu, nous devons combattre alin de vaincre (c mauvaistié. Et soyez certains qu'autant ou plus ce nous est facile de vaincre la bataille que de l'accc commencer (gentille rodomontades de mot) ; car « nos ennemys sont soudoiers et mercenaires, qui « combattent plus par crainte que par amour qu'ils
1 . Jacopo Foresti, plus connu sons le nom de Jacques de Bergame, mort en i 520. Il est auteur d'abord d'un Supplementum chronicaruniy puis d'un Supplementum supplementi chronicœ-um (4506, f"), qui s'étend de 1450 à 4 502, et qui fut successivement continué jusqu'en 1552. — Ce n'est point du texte latin qne s'est servi Brantôme, ni même de la traduction italienne. (Venise, 1553, in-f*»). Il est probable, bien qu'il cite cet auteur plusieurs fois, qu'il ne l'a jamais ouvert. Ici, du moins, il a tout simplement copié, « sans la changer » comme il le dit, la version arrangée qu'a donnée de celte harangue J. de Bourdigné dans son Histoire aggrégatiue des Annales et cronicques d'Anjou (1 529 , in-f*), f* 1 79. Quant au texte latin, il se trouve au livre XVI du Supplementum supplementi de Jacques de Bergame.
(c aient à leur prince ; parquoy ne les devons douter ^ a Songez que nos ancestres, en combattant vaillam* a ment, ont passe par tout le monde, et de leurs ence nemis ont emporté grandes despouilles ettriumphes : (c et à nous, qui leurs successeurs sommes, eschappera « ceste tourbe imbécille, que n'en rapportions victf toire? Regardez, pour rhonneiir de Dieu, que c'est « que fortune vous offre à présent. O preux chevaliers ! oc considérez que vous estes François, desquelz la naa ture et propriété est de faire et souffrir fortes choses, «c comme les Gaulois ayent tousjours tenu estre plus a glorieuse chose de mourir en bataille que d'estre pris. (C Nos ennemys se confient en leur multitude, et nous « en nostre force et vertu : si nous vainquons, toutes « les Itales sont à nous et nous obéissent; et si nous ce sommes vaincus, ne vous chaille'! (gentil mot ancien) (C France nous recevra, qui defTendra assez son pays. « Bref, nostre cas est seurement : mais je vous adver- « tis que, pour ceste heure, n'ayez cure ny solicitude a de vos parens, femmes et enfans, et ne pensez qu'à « vaillamment combattre ; et si vous avez autre courage « et qu'aymiez mieux honteusement par fuite vous « retirer et voir vostre roy et naturel seigneur dolent a et captif es mains de ses ennemis, déclarez le de « bonne heure*. »
Voylà certes de belles paroles d'un brave et gentil