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3. Le Fergier d'honneur et Belleforest, dans son Histoire des IX roy s Charles (liv. XV), ont mis dans la bouche de Charles VIII une harangue complètement différente de celle-ci et que bien certainement il n'a pas plus prononcée que l'autre.

348 GRAIVDS GÂPITAmES FRANÇOIS.

roy*, pour n'avoir jamais estudié; mais elles proverioient du profond de son cœur généreux ; ausquelles aussitost tous ses gens^ tant grands que petits, respondirent qu'ils n'estoient prests seulement de hazarder leurs corps pour son service, mais d'y emploier leurs âmes et les engager à tous les diables pour lui quand besoing seroit. On ne sçait que plus louera la vérité, ou les beaux mots du roy, ou la response de ses subjects, qui ne couchoient pas moins que de l'engagement de leurs âmes, et de se rendre esclaves des diables pour lui •. Telle franchise de parler n'a esté guières entendue ny dicte des chrestiens, ny tel devoir de servitude n'a esté offert de ses subjects à leur roy et seigneur, qu'il faut louer, venant de telle affection. Ces François, ce coup là, avoient raison de compter ainsy d'escot pour ce prince, car jamais ne fust veu meilleur prince en France, si doux, si bénin ny si libéral ; si qu'oncques personnes ne se despartit de sa présence qu'elle s'en allast esconduicte de chose qu'elle luy demandast, ny qu'il lui dict jamais mauvaise paroUe; et c'est ainsi qu'il faut gaigner les gens ; aussi fut-il très loyaument servi des siens et bien aimé, et mesmes en ceste battaille qu'il gaigna fort heureusement. Elle gaignée, rebrousse son chemin, repasse les

i . Var. Voilà certes une brave et gentille harangue et admirable pour ung roy qui n'avoit jamais estudié. Aussi je pense que c'estoit son gentil cœur qui le faisoit ainsi parler. A ces propos, tous ses gens commençarent à crier et dire.... (Ms. 6694, f*" 123,

2. Var, Aussi se faisoit-il tant aymer à eux par la grande libéralité qui estoit en luy qu'on dict qu'oncques personne.... (Ms. 6694, f^ 123, v«.)

montagnes, lève ^ le siège de Novare, désengage le duc d'Orléans son beau-frère, faict la paix , et puis rentre en France, arrive à Lyon sain, gaillard, joyeux et triumphant, rencontré et recueilly de la reyne Anne sa femme. Tune des belles, honnestes et vertueuses princesses du monde, avecq' un visage beau et riant, d'elle et de toutes les dames de sa court, qui en faisoient de mesmes à leurs pères, marys, frères, parens, amis et serviteurs; et Dieu sçait les contes qu'ils leur faisoient de leur voyage.

Qu est-il besoing d'alléguer d'avantage pour haut louer, couronner et confirmer ce roy pour l'un des plus grands et braves roys qu'il y eut de longtemps en France, comme j'ay ouy dire à une grand'dame de ces temps ', nourrie petite fille à la court, qui disoit que le roy François I, parmy ses discours qu'il faisoit quelques fois, il rengoit tousjours ce petit roy Charles parmi les plus grands roys de la France, ses prédécesseurs, en alléguant les mesmes raisons que j'ay icy dessus alléguées.

Guichardin ', très bon historiographe certes, a voulu mesdire de luy mal à propos en son histoire ^; mais il est hors d'estre creu, pour n'en parler que par passion, et aussi qu'il fit à lui et à tous ceux de sa pa-

i. Lève^ c'est-à-dire fait lever le siège. Le duc d'Orléans (Louis XII) était bloqué dans Novare.

2. yar. « Feu madame de Dampierre, ma tante. » Ces mots sont biffés sur le manuscrit G694 (f" 118), où Brantôme les a remplacés de sa main par ceux-ci : une frrand'dame,

3. ^^or. Guyciardin fort mal à propos en a voulu mesdire. (Ms. 6694, M 18.)

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