‹ Œuvre complètesChapitre 199 sur 267 · Voyes liv. I et liv. III, in fine · texte numérisé non relu

Voyes liv. I et liv. III, in fine

trie si belle fezarde^ qu'il ne sçavoit comnieni s*en revancber, sinon à mesdire de lui et le défigurer, et le descrire difibrme de corps et de visage. Son effigie douce et bénigne, qui est à Sainct-Denys, en bronze doré, devant le grand autel, ne le nous figure pas tel. Aussi que j'ay ouy raconter à feu ma grand'mère, la seneschalle de Poictou, de la maison du Lude, que j'allègue souvent en ce livre, et qui avoit esté nourrie fille de madame de Bourbon', sœur dudict roy et sa régente, et mesmes avec lui, qu'il avoit le visage beau, doux et agréable; et l'accomparoit à un gentilhomme près de nostre maison; et disoit que c'estoit sa vraye semblance, en l'appellant souvent par ce mesme mot, la Véronicque * du petit roy Charles VIII*; et prenoit grand plaisir de le voir et l'accoster souvent pour l'amoiur de son idée. Mais, selon la semblance de ce gentilhomme, je trouvois ce roy fort beau et bien agréable : il estoit de petite statiure et taille maigrelette, pareille à celle, disoit ceste honneste dame, du roy; et en faisoit force beaux contes, et mesmes de son voyage de Naples, que M. le seneschal de Poictou, son mary, avoit faict avec lui, qui en racontoit bien aussi, et en rapporta force beaux et riches meubles que j'ay veu en nostre maison.

Enfin * ce fust un grand roy, lequel, s'il ne fiist mort, il vouloit redresser nouvelle armée résolument et plus forte qu'auparavant, pour apprendre au pape

i. Fexarde^ pear.

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