Q«/, les Pisans
LE ROY CHARLES Vin. 327
lences, ainsy que Dieu l'y avoit appelle, comme luy sceut bien dire fray Hierommo *; les Pysans^ comme j ay dict, affermoient pour leur avoir rompu sa foy. Bref, il en fut assez parlé ; mais la plus yraye vérité fut que telle estoit sa destinée et son heure, bien que Dieu se courrouce fort contre ceux qui violent une foy solemnellement donnée.
Et voylà pourquoy ceste devise, Qui nescit cUssimw lare nescit regnnre^ ne vaut rien, ainsy que j'ouy une fois prescher à un grand docteur de la Sorbonne, nommé M. Poncet ', qui preschoit à la parroisse de Sainct Sulpice, à Sainct-Germain-des-Prez , qui dict tout haut , sur un subject que je ne diray pas, que telle paroUe estoit d'un vray athéiste, et qui ouvroit le droict chemin aux roys et aux princes pour aller à tous les diables et les rendre vrays tyrans. Possible qui en voudra peser les raisons, il trouvera ce prescheur très véritable et fort homme de bien, selon nostre bon Seigneur Jésus-Christ, qui hayt mortellement les hipocrites, lesquels on peut nommer proprement traistres dissimulez, disoit ce bon prescheur. C'estoit le prescheur autant hardy à parler que jamais a entré en chaire, et hors de là encor. Par cas, un jour M. de Joyeuse, du temps de la grand'feste, despence et magnificence qui se fit en ses nopces *, le rencontrant par la rue, il lui dict : a Monsieur Poncet,
\ . Jérôme SavoDarole. Voyez Commines, liv. YIII, ch. m et
2. Maurice Poncet, bénédictin» curé de Saint-Pierre-des-Ards, à Paris, Tun des pins fameux prédicateurs de son temps, né à Melun, mort à Paris le %3 novembre 1586.